Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                            NÉCROLOGIE                             71
  Louis Perrin, qui y appliqua l'empreinte de son goût si exquis et
  si pur, Fugère en exécuta la plus grande partie avec une fermeté
  et une souplesse de main qui ont contribué à établir une des plus
 belles productions de la gravure dite en taille-douce.
     A l'exemple et sous la direction de son chef, Fugère grava pour
 la maison Louis Perrin des alphabets augustaux, ornés, niellés, à
 figures, qu'il est difficile de distinguer de ceux dont les 'poinçons
 furent l'œuvre personnelle de L. Perrin^ tant il s'était identifié au
 goût de ce dernier.
     On retrouve son nom et son burin dans presque toutes les pu-
 blications sorties des presses de Perrin et de ses successeurs
 (Alf.-Louis Perrin et Marinet) de 1845 à 1875. Au début de sa car-
 rière, ce fut lui qui dessina et grava les pierres antiques de notre
 Musée lapidaire reproduites dans le grand ouvrage de M. de Bois-
 sieu.
     Pendant la guerre, il exécuta, pour'le compte du R. P. Pierre-
 Baptiste, de l'ordre des Capucins, la planche d'une supplique'ornée
 d'entrelacs, de devises et de quatre portraits, ensemble dont la
 composition est magistrale.
    Les supérieures des religieuses du tiers ordre de Saint-François-
 d'Assise adressèrent cette supplique au saint Père en juin 1869.
Elle avait pour but la réserve delà Sainte Eucharistie dans leurs
oratoires. Les portraits et les armoiries de Pie IX, de Mgr Lequette,
évêque d'Arras, et de deux personnages ecclésiastiques, non dé-
nommés, forment les quatre angles et les quatre bouts de croix de
la planche. Deux de ces portraits, en taille-douce, sont très re-
marquables d'expression et de rendu, et l'ornementation, d'un goût
pur et achevé, s'harmonise avec les sujets des médaillons. L'en»
semble de la planche, entièrement composée, dessinée et gravée par
J.-M. Fugère, est des plus heureux.
    Il exécuta aussi une quantité de portraits, entre autres celui en
pied de Pie IX (sur acier), celui de Louis Perrin, de M. d'Aigueperse,
de M. de Terrebasse, celui de l'historien Bapin-Thoyras, réduction
d'une admirable gravure deljoubraken, et bien d'autres dont le
souvenir nous échappe.
   Mais son ouvrage le plus important fut la série de cinquante
portraits à l'eau-forte ou au iurin, des acteurs les plus célèbres du