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154                       LA ItRVUE LYONNAISE
 présider à la naissance de la Société. C'est grâce à lui que tant de progrès ont
 pu être réalisés en si peu de temps. M. le président fait appel à la bonne volonté
 de tous les înembres, maintenant que la Société est constituée, il est du devoir
 de tous d'apporter leur contingent de travail. Il annonce que la Société a pris
 l'initiative de six conférences publiques sur des sujets anthropologiques, qui
 seront faites par des membres de la Société. Ces conférences commenceront
 incessamment. M. le président engage maintenant la Société à se livrer à ses
 travaux. (Vifs applaudissements.)
    La Société procède aux élections qui figurent à son ordre du jour. M. Gillet
 est élu membre titulaire. MM. le docteur Hamy, conservateur du musée ethno-
 logique du Trocadéro; docteur Topinard, président de la Société d'anthro-
 pologie de Paris; docteur Moréno, directeur du musée ethnologique de Buenos-
 Ayres; F. Bayern de Tiflis; docteur A. Bastian, conservateur du musée ethno-
 logique de Berlin ; docteur F. Jagor, membre de la Société d'anthropologie de
 Berlin, sont nommés membres correspondants.
    M. Lacassagne prend la parole pour compléter sa communication sur le tatouage.
Il parle du tatoueur lyonnais et présente un certain nombre de dessins de tatouages
qui lui ont été remis par cet artiste.
    M. Chantre présente quelques observations sur le tatouage chez les Polynésiens,
Maorés, Néo-Zélandais, etc., entre autres sur t ce curieux tatouage frontal en
relief qui sert de sceau pour les contrats importants. Les parties contractantes
appuient leur front sur l'acte et y impriment ainsi leur marque, comme s'il
s'agissait d'un timbre sec ou humide.
    Il présente trois crânes à la Société. Le premier qui est momifié, est entiè-
rement couvert de remarquables tatouages au pointillé. Le second, entièrement
décharné', est peint en rouge et c'est évidemment un tatouage post mortem. Enfin
le troisième, un crâne de femme, est entièrement sculpté de dessins très fins qui
rappellent le tatouage du premier crâne.
    M. Lortet observe que dans ses voyages en Syrie il a remarqué plus fré-
quemment des tatouages chez les femmes que chez les hommes et rapproche de
cet usage la coloration par le henné de certaines parties du corps, notamment
la paume des mains et le talon. Il se demande s'il n'y aurait pas dans ce fait du
tatouage des femmes, quelque influence d'idée religieuse.
    M. Paulet a fait la même remarque en Algérie, il croit que chez les peuples
musulmans les femmes sont tatouées à l'exclusion des hommes.
    M. Lacassagne n'est pas de l'avis des deux honorables préopinants; car, dans
différentes parties de l'Algérie, il a vu fréquemment des hommes tatoués de signes
particuliers, ordinairement très visibles, qui paraissent être, soit des insignes de
valeur, soit des marques de tribu. Quant au henné, c'est une teinture usitée dans
tout l'Orient, et qui n'est pas spéciale aux peuples musulmans. Elle n'a aucun
rapport avec le tatouage. Elle s'efface assez promptement, environ en trois mois,
tandis que le caractère du tatouage est d'être indélébile ou du moins très per-
sistant.