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860               POÉSIE SATIRIQUE DU XVIe SIÈCLE.

Lyonnaises ouvrent la lutte les premières, annonçant à l'a-
vance leur intention par ce quatrain au lecteur:
              Dedans Lyon où femmes sont famées
              Et renommées par leurs charivaris,
              Fut ordonné -que celles de Paris
              Seroient du tout par elles reformées.

  La Responce et Réplique des dames de Paris contre celles
de Lyon y donne le dernier mot aux Parisiennes et se' ter-
mine par celte injurieuse sortie :
              On congnoist bien vostre vouloir avare
              Que se compare a feu qui brusle et ard
              Un gros marane (1) ayant force denare (2)
              Ou. un messare (3) pourvu qu'il vous repare
              Sans dire gare d'amour luy monstrez l'art
              En toute part comme un vieulx jaune lard
              Sans aultre esgard vous estes réclamées
              Lyonnoises, pour argent diffamées.

   La Rescription, au contraire, contient en premier lieu
une attaque des dames de Paris contre les dames de Lyon,
et finit par la réplique des Lyonnaises. Ne pourrait-on pas
conclure de cette différence, que la Réformation avec la Ré-
plique aurait été écrite, la première, par un auteur parisien,
frappant des traits d'une double satire les deux partis opposés,
mais laissant l'avantage aux Parisiennes, tandis que la Res-
cription, suivie de la Responce, serait un ouvrage d'origine
lyonnaise, conçu dans la même idée, mais laissant l'avantage
aux femmes de Lyon? Il semble, en effet, que les premiers
coups ont dû avoir pour point de départ le dépit des Pari-
siennes délaissées par la cour, dépit exprimé, du reste, en
termes précis, dans la Réformation :
           Pour vos façons, on voit du temps qui court

  (1) Marane, appellation injurieuse, d'origine espagnole.
  (2) Denare, argent.
  (3) Messare, messer, italien, au moins de goûts, même signification que
marane.