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PHILOSOPHIE. 543
de Pabsolu qu'il faut aller la chercher. Le monde, quoi
qu'il fasse, a constamment besoin d'être régénéré et vi-
vifié par le sang. Lleffusion du sang est une rosée divine
qui le féconde et le fertilise incessamment. Cette loi, le
monde l'a si bien comprise d'instinct, que, dès son ori-
gine, il a institué les sacrifices sanglants pour se rendre
agréable à la divinité. Le sang des victimes a coulé à flots
comme un engrais salutaire. 11 n'est pas une grande idée
au monde qui n'ait été fécondée par le sang ; les pensées
et les principes semblent ne fleurir et ne grandir que par
lui. Il a fallu le sang des martyrs pour féconder la plus
grande chos&qu'ily ait eu au monde : le christianisme!
Que disons-nous ? il a fallu encore bien plus, il a fallu le
sang d'un Dieu fait homme pour racheter les hommes.
Du sang, il yen a partout. C'est un bain permanent dans
lequel se plonge l'humanité et que la terre- altérée de-
mande toujours.
N'allons pas chercher ailleurs la raison d'être supé-
rieure de la guerre. C'est bien là qu'elle gît et qu'il faut
la saisir. Si elle se rattachait à des cau&es purement con-
tingentes et accidentelles, il y a longtemps que ce phé-
nomène aurait disparu du globe que nous habitons. Mais
il est bien au-dessus du contingent et plane éternellement
dans ce milieu insaisissable et voilé où se plaisent les
énigmes de la création.
A cette loi transcendante du sang, considérée comme
auteur nécessaire et fatal de la guerre, se rattachent et
s'agrègent d'autres lois moins mystiques, plus compré»
hénsibles, et qui tombent davantage sous le sens ordi-
naire, quoique en allant au fond des choses elles n'en
soient que des variétés et des ramifications. Ces lois se-