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542 PHILOSOPHIE.
lutions. C'est une-de ces fatalités supérieures qui pèsent
sur lesfilsd'Adam, sur cette succession d'êtres vivants
que Pascal a appelés des roseaux pensants, et Horace :
Audax Japeti genus.
La guerre, nous ne saurions trop le répéter, est avant
tout une loi et un fait providentiel.
Nous allons essayer de le prouver.
Et, dès l'abord, il est un spectacle qui frappe les yeux
et donne immédiatement la mesure de l'instinct invin-
cible qui lie l'homme à cette folie; c'est l'honneur, le
prestige et la singulière considération dont l'homme de
guerre et la fonction des armes ont toujours joui dans le
monde, à toutes les époques.
La glorification de la guerre s'est faite en tous temps
en la personne de ceux qui en sont les instruments. La
main qui manie le glaive et qui tranche dans la mêlée
l'existence des hommes est admirée et exaltée, malgré
l'horreur instinctive que l'humanité éprouve pour l'ho-
micide. L'effusion du sang la fait reculer avec horreur
quand elle se produit par la main du bourreau ou de
l'assassin, mais elle ne la fait pas frémir quand elle a
lieu par celle du guerrier. Pourtant le fait matériel est le
même ; c'est toujours la mort violente donnée par un
homme à un autre homme. D'où vient donc cette diffé-
rence d'appréciation pour le même acte matériel ?
C'estici que la pensée entrevoit, dans le demi-jour qui
recèle les lois les plus secrètes et les plus voilées de la na-
ture, celle de ces lois qui est la plus étrange et la plus
inexplicable : la loi du sang.
Oui, il y a une loi du sang qui concourt à l'harmonie
de notre univers, c'est dans les plus profondes retraites