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NAVIGATION A VAPEUR. 453
Fullon profita de tout ce qui avait été fait ou proposé depuis
un quart de siècle, il se servit de la machineà double effet alors
perfectionnée et appropriée au mouvement rotatoire; la machine
de son bateau fut construite dans les grands ateliers de Boul-
lon-Wat, Ã Soho, par les ouvriers les plus habiles. Cependant
on chercherait en vain, dans l'application de 1807, la moin-
dre invention, ou un progrès quelconque. Les dimensions du
bateau de Fullon étaient à peu près les mêmes que celles du
bateau de JoufJroy ; le diamètre des roues était le même dans
les deux bateaux ; leurs aube* plongeaient également à deux
pieds dans l'eau; les différences ne consistaient que dans
l'emploi de la machine à double effet, perfectionnée posté-
rieurement aux expériences de 1783, et dans les appropria-
tions qu'exigeait cette machine. Fullon n'a rien inventé, le
fait d'avoir établi le premier un service régulier qui n'ait pas
été abandonné après avoir élé essayé, ne saurait constituer
un droit à la gloire de l'invcnlion, gloire qui appartenait
depuis un quart de siècle à celui qui, de prime abord, avait
construit le premier pyroscaphe avec les dimensions reconnues
les meilleures soixante ans plus tard (Académie des Sciences,
1840).
Les expériences de JoufJroy sont antérieures d'un quart de
siècle à l'application faite parFnlIon; leur succès a élé cons-
taté par un acte authentique, par des documents officiels, et
par le témoignage de milliers de spectateurs. Le bateau de
Jouffroy navigua sur la Saône pendant seize mois ; les capi-
taux nécessaires pour l'organisation d'un service régulier lui
étaient assurés, à la seule condition d'un privilège d'exploita-
tion qui fut refusé.
Si Fullon n'ava't pas trouvé dans son association avec
Liwingston le crédit pour l'obtention du privilège et les res-
sources financières suffisantes, il n'aurait pas même pu entre-
prendre un essai. Cela est si vrai que, peu de jours avant que