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LA NOBLESSE EN FRANCE. 333
de la vie du monde se résume à peu près tout entière
dans ces deux grandes nationalités qui l'ont absorbée,
la Grèce et Rome ; disons ce que fut la noblesse chez
elles, et bornons-là notre examen dans ce passé déjÃ
reculé.
Aucun doute ne peut exister sur l'existence d'une
aristocratie très-puissante en Grèce, même dès les temps
les plus anciens. Dans la période dite héroïque, nous
voyons chaque royaume, chaque nation, chaque cité
offrir l'exemple de castes choisies et privilégiées. Ho-
mère, qui est le grand peintre de cette époque, nous re-
trace dans les pérégrinations odysséennes le spectacle de
ces noblesses primitives qui constituaient parmi ces peu-
ples grossiers et pasteurs, une élite respectée et admirée
des classes inférieures. Plus tard, à l'époque historique,
ces mêmes classifications sociales se retrouvent douées
de la même vitalité qu'à l'origine : le principe républi-
cain qui a prévalu dans le Péloponnèse et dans toutes les
îles de l'archipel grec, n'a pas éteint ces classifications.
Elles continuent à subsister à Athènes , à Sparte , à Co-
rinthe, dans l'Argolide. Alcibiade restera le type le plus
accompli du grand-seigneur Hellène, comme Catilina,
Clodius et Catulle le seront plus tard à Rome. Rien, au
milieu des révolutions que subit la race hellénique, ne
vient modifier cet état social. L'invasion des Perses, la
conquête macédonienne, la ligue achéenne, la domina-
tion romaine revoient debout et toujours vivantes ces
aristocraties antiques.
A Rome, les choses se présentent de même et avec un
caractère encore plus marqué. Le patriciat romain re-
flète bien plus énergiquement qu'en Grèce l'idée de pri-