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                        ÉLOGE DE RA.VEZ.                       235

 l'indépendance de sa parole; protéger l'une contre le désor-
 dre, l'autre contre l'oppression; unir la présence d'esprit qui
 déjoue toutes les surprises et la loyauté qui n'en permet au-
 cune ; ramener les discussions qui s'égarent ; garder d'une
 main ferme le fil conducteur qui retrouve toujours l'issue
 au milieu du labyrinthe des incidents imprévus ; contenir les
 personnalités qui compromettent la Chambre, et mettre en
lumière les talents qui l'honorent; exercer avec une dignité
 calme ce droit de censure dont l'emploi doit être rare pour res-
ter efficace, et modéré pour ne pas devenir périlleux ; faire
taire ses opinions personnelles au fauteuil, tout en y restant
inviolablement fidèle devant l'urne du scrutin; soumettre une
puissance qui sent sa force souveraine à la force supérieure
du droit, et, pour la mieux faire respecter de tous, lui appren-
dre à respecter elle-même la loi qu'elle s'est faite; veiller enfin
par le maintien jaloux des prérogatives de la Chambre et par
l'observation sincère des prérogatives de la Couronne à
l'harmonie des institutions et à l'équilibre des pouvoirs,
—telle est la difficile mission que nos institutions modernes
avaient confiée k la plus haute dignité élective du gouver-
nement représentatif.
    La présidence ne saurait être ni une force militante a la
disposition des partis, ni un instrument docile au service
du Pouvoir ; elle est elle-même le pouvoir modérateur des
partis. Dès qu'elle aspire a devenir un gouvernement, la
direction lui échappe et l'influence disparaît.
    Nos voisins, nos émules, et il faut bien le dire, nos aînés
en traditions parlementaires, ont voulu placer dans une
sphère tellement inaccessible aux passions celui qui préside
à leurs délibérations politiques, qu'ils ne lui ont jamais
permis de descendre dans l'arène.
    L'Orateur des Communes ne parle pas dans les discus-
sions ; il ne vote même pas. Seulement, dans le cas si rare