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 178                     ORFÈVRERIE.

 s'inspira des bronzes, vases, figurines, joyaux que nous
 ont laissé les anciens.
    Quand nous visitons les musées d'antiques, nous som-
 mes frappés, disons-le en passant, de la beauté des usten-
 siles les plus vulgaires. S'ils avaient attaché à cette élé-
 gante sévérité des lignes une telle importance, c'est qu'ils
 savaient, ces hommes imbus des doctrines esthétiques de
 la Grèce, qu'il y. a une connexion étroite entre le beau
 dans les formes et le beau dans les actions. Ils avaient
 reconnu que le laid qui frappe les regards est frère de la
laideur morale, et que, si l'on veut porter les hommes à
ne faire que des actes vertueux, il faut aussi ne leur met-
tre sous les yeux que des objets d'une beauté parfaite.
    Si telle est l'influence des belles formes, même dans
les choses usuelles, sur les dispositions de l'âme, à plus
forte raison doit-on désirer que la beauté des vases sacrés
réponde à leur destination; puisque ces objets, de leur
nature, doivent entretenir le sentiment religieux, et c'est
le devoir du prêtre de s'intéresser vivement à cette bran-
che de l'art chrétien.
    A ce point de vue surtout, l'exposition de M. Armand-
Calliat nous a vivement attachés, et nous avons éprouvé
le désir d'associer le public à son succès. Parmi les quatre-
vingts pièces d'orfèvrerie que cet artiste a mis sous les
yeux des visiteurs, nous décrirons les objets qui nous
semblent mériter une mention plus spéciale.
    CALICES. —• Ces vases sacrés sont l'instrument prin-
cipal du sacrifice, et M. Armand-Calliat avec raison leur
a donné une importance toute particulière. Un seul d'entre
eux excepté, qui reproduit la lige basse, le pied et la
coupe larges des calices allemands du XIIe siècle, tous
ceux qu'il a exposés en général sont d'une forme pure,
élégante et commode.
    On a fort remarqué à Londres et à Lyon un groupe de
ces vases conçus sur un même type, et dont le plus achevé
nous semble être celui des religieuses de l'Adoration
perpétuelle du Sacré-Cœur des Chartreux. Il a le pied
découpé, en lobes, la coupe droite est un peu évasée, son
ornementation perlée présente peu de reliefs et rappelle