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                       ORFÉVItËKUS.                    177

les maîtres éminents qui ont créé la science archéologi-
que, ramené parmi nous les saines notions de la plastique
chrétienne, aient négligé de s'occuper du mobilier sacré;
mais par leur nature même d'objets portatifs fabriqués à
l'avance, et en vue de la vente en magasin, les diverses
pièces de ce mobilier ont dû, à de rares exceptions près,
échapper à la réforme inaugurée dans la construction et
l'ornementation des édifices.
   On n'achète pas une église toute faite ; mais il n'en
est pas de même d'un calice ou d'un ostensoir, et la
Science, la pureté du goût, qui s'acquièrent par l'étude
des beaux modèles, s'ils ne font pas défaut au fabricant,
ne se retrouvent pas toujours au même degré dans l'ache-
teur.
   Ainsi s'explique comment le public religieux s'est
contenté si longtemps, pour les instruments du culte,d'un
symbolisme banal, de formes surannées et d'un style à
demi-profane. Ces objets quoique défectueux se soute-
naient dans le commerce par un étalage prétentieux qui
leur donnait un faux air de magnificence. Depuis l'osten-
soir jusqu'au chandelier surmonté de souches gigantes-
ques, dépassant même la croix, la dimension remplaçait
la grandeur, et un autel semblait d'autant mieux paré
que sa garniture était plus démesurée et sa décoration
plus apparente.
   Bien souvent les prescriptions de la liturgie n'étaient
pas moins blessées que celles de l'esthétique, par cette
dégénérescence d'un art qui, en croyant enchérir sur ce
qui s'était fait avant lui, oubliait les raisons des choses
et les véritables traditions. Le mauvais goût avait même
envahi, s'il nous est permis de le rappeler, la demeure
de l'homme, et dans les appartements les plus richement
ornés on n'aurait pu trouver d'objets d'une valeur artis-
tique réelle.
   Mais le retour aux modèles du moyen âge s'élant
opéré dans l'orfèvrerie religieuse, on put comprendre,
aux avantages qu'il procura,de quelle importance il était,
même pour les meubles profanes, de revenir à' un goût
plus pur et à une forme plus classique; et pour cela on
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