page suivante »
SYMPHORlEiN CHAMPIER. 123
à chaque province sans qu'un soit contraint à les aller
mendier ailleurs.
Le professeur hollandais de Beverwych, ou Jean Be-
verovicius édita V Autarkeia Bataviœ, sive inlroductio
ad medicinam indigenam ; enfin Thomas Bartholin pu-
blia la Medicina Danorum domestica.
Je ne songe nullement a parcourir la liste de tous les
écrivains qui sont entrés dans les idées de Champier
sur ce sujet, je ne veux que fixer ses droits de priorité,
que signaler son initiative dans la question.
Des doctrines qui, dans leur ensemble, froissaient les
habitudes des uns, la foi des autres, la paresse du plus
grand nombre, ne pouvaient être admises sans op-
position. L'école de Montpellier considéra son élève
comme un renégat, celle de Paris comme un novateur
aventureux, et quelques universités allemandes, inféo-
dées aux Arabes, comme un contradicteur dont il fallait
étouffer la voix. Une violente polémique fut soulevée et
soutenue. La lutte s'engagea entre les médecins con-
servateurs du principe d'autorité, subordonnés servile-
ment, passivement à la croyance universelle, et entre
les hommes qui, las de cette soumission aveugle, pré-
tendaient se soustraire au despotisme, Ã la discipline
qui les enchaînaient. Les premiers attachés au culte
d'Aristote et des Arabes, usaient pour sa défense, du
pouvoir, des ressources dont les siècles antérieurs
les avaient armés ; les seconds étaient poussés par
une instruction plus complète à réclamer, a conqué-
rir l'affranchissement de la science, pour hâter ses
progrès.
Champier ne déclina pas en cette circonstance, la
responsabilité de ses principes et de ses œuvres, comme
le prouve sa vaste correspondance trop peu connue,
malgré les précieux renseignements qui s'y trouvent
disséminés. Il n'y avait pas de journaux pour alimenter
ou exciter la controverse ; les sociétés savantes déjÃ