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36 VOYAGE EN CHEMIN DE FER
tropabsolue : Flavius Josèphe parle assez longuement des
Esséniens; mais il n'en fait pas les disciples d'Elie, et
ne leur assigne pas le Carmel pour résidence spéciale.
(Hist. des Juifs, XIII, 9,520. Guerre des Juifs, II, 12).
Cependant il paraîtrait probable qu'un grand nombre
de solitaires vivaient dispersés autour du mont Carmel,
dont les campagnes étaient pleines de charmes : décor
Carmeli. (Isaias, 55, 2). Pline parle d'un fleuve qui y
prenait sa source, et dont les eaux servaient aux céré-
monies sacrées, Cœrimoniis sacer. (XXXVI, 65). Ce pays
se prête si bien à l'habitation des hommes voués au
mysticisme, que le père Philippe, carme déchaussé^ qui
y fit un voyage, à la fin du XVIIe siècle, raconte avoir
rencontré une caverne habitée par des solitaires maho-
métans. Il dit qu'il a compté dans la montagne plus de
mille grottes, et il ajoute qu'elles étaient autrefois occu-
pées par les Carmes.
L'assertion sur les antiques locataires de ces cavernes
est bien hasardée; mais elle ne doit pas étonner. C'était
une manie, chez les disciples d'Elie, de découvrir par-
tout des confrères. On voyait chez ceux de la place Mau-
bert, Ã Paris, un graduel avec une fort belle vignette^ Ã
l'Introït de la messe de Noël, où saint Joseph et la sainte
Vierge, habillés en Carmes, étaient représentés fuyant
en Egypte. Une fois lancés au milieu des nuages de
l'imagination, rien ne peut plus arrêter, et c'est en vertu
de cet entraînement qu'une thèse célèbre admettait dans
l'ordre des Carmes Numa, Zoroastre, les Druides, Py-
thagore, Jérémie, Esdras, Judas Macchabée, saint Jean-
Baptiste, etc. (Hist. de France, Velly. t. V,p. 284. Thèse
de Béziers.)