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564 POÉSIE SATIRIQUE DU XVI* SIÈCLE.
Coquillarl, officiai de Reims en Champagne, Ã la fin du
xve siècle (1).
Allez, monstrez voz musequins (2) fardez
Contregardez vos corps et culs fardez.
Plus ne tardez ; trouvez-vous aux banquetz,
Dressez caquetz, présentez les bouquetz.
Pour tous acquetz le bruyt sur vous redonde (3)
Mieulx vaut bon Joz (4) que richesse en ce monde.
Nous voyons parce passage que l'usage du fard était fort
répandu : nous aimons à croire cependant que le poète dé-
passe les bornes de la vérité comme celles de la décence, et
que cet embellissement se bornait au visage. Nous devons
néanmoins citer à ce sujet Gabriel de Minut, qui, dans son
livre De la beauté, dédié 5 Catherine de Médicis, parle de
l'usage qu'ont les Vénitiennes de se farder tout le corps.
Mais ce n'est pas seulement dans les fêtes et les banquets
que les Lyonnaises font les coquettes : l'église est pour elles
un lieu de rendez-vous et un étalage public. Elles s'y condui-
sent comme dans les mauvais lieux et les repaires impurs.
(1) Aujourd'hui de deux freluques
De cheveux d'un pelit monceau,
Il semble qu'il y en ait jusques
Au collet et plein un boisseau.
COQUILLART, Droits nouveaux.
Que diriez-vous de nos mignons
Qui ont une perruque brune
Et broyant pelure d'ognons
En font une saulce commune
Pour la jaunir
ID.
(3) Musequin, petit museau, minois.
(3) Redonde, retentit.
(4) Bon loz, bonne renommée.