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S62 POÉSIE SATIRIQUE Di) XVI e SIÈCLE.
« faut point faire de doubte que nous avons emprunté ce
« commun dire des fautes qui sont faites par nos curez,
« quand ils ne rendent le devoir qu'ils doivent aux morts.
« Car, comme il convient que l'on ait fondé plusieurs obîts
« en une église, esquels par un long laps de temps, pour la
« multitude d'iceux il seroit impossible de fournir, ou bien
« que la négligence des ecclésiastiques soit telle, nos anciens
« disoient que tout cela se passait par un fidelium, qui est
« la dernière oraison dont on ferme les prières des morts,
« voulant dire que l'on avait employé une seule messe des
« morts pour toutes les autres : aussi fut employé ce même
« proverbe en toutes autres affaires ou se commeltoienl pa-
« reilles fautes. »
D'après cette explication, l'auteur annonçant que ses lettres
vont chantant fidelium, veut dire sans doute qu'elles sont
écrites légèrement, négligemment : il les a brochées, comme
on dirait aujourd'hui.
Salut a vous, femmes du Lyonnois,
Plaisans minois,
Visages angéliques,
L'on a pour vous fait joustes et tournois,
Chevaulx et harnois onl couslé maint tournois (1),
Dont les galois (2) sont fort mélancoliques
Pour vos reliques
Avant d'entamer la série de ses virulentes critiques, le
poète reconnaît, par un compliment aigre-doux qui sent la
femme jalouse, la beauté tant célébrée des dames lyonnaises,
dans ce siècle qui vit briller les gracieuses figures de Louise
Labé, de Pernette du Guillet, de Clémence de Bourges, des
sœurs Scceve, et de tant d'autres illustrations féminines.
Nous l'avons déjà dit: afin d'attirer leurs regards, la jeunesse
(1) Maint tournois, beaucoup d'argent.
(2; Galois, galants.