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DES APTITUDES. 515
morale et sa sérieuse fécondité : car seule elle en fait le révé-
lateur universel, le verbe humain des choses de l'esprit et
de l'âme. Tel est leur rapport nécessaire. Et, en dehors de
celte corrélation merveilleuse, l'art serait-il autre chose
qu'un vain artifice de mots ou de sons menteurs, de formes
ou d'images muettes, a peine suffisant, en vérité, pour amu-
ser l'oisive curiosité de l'homme, mais puissant, hélas ! au-
delà de toute mesure, pour hâter sa triste tendance aux avi-
lissements volontaires de la corruption ?
Le génie lyonnais est resté fidèle à cette double loi de
l'ennoblissement de l'être par la science et par l'art, parce
qu'aux deux forces qui le soutiennent dans la recherche du
vrai comme dans celle du beau, il a su de tout temps asso-
cier un généreux élan vers le souverain bien. La foi et la
charité ont toujours éclairé et stimulé sa marche sur ces
deux voies sacrées de l'idéal; et c'est ainsi qu'il a réalisé et
réalisera de plus en plus dans ses œuvres, de même qu'en
ses pensées et ses sentiments, l'unité nécessaire et seule
vraiment féconde de cette trinité auguste de la Science, de
l'Art, et de la Religion.
Antoine MOLLIÈRE.