page suivante »
342 LA NOBLESSE EN FRANCK. mélange déjà compacte et une fusion croissante des trois races, dans la composition de la noblesse. Ce fut surtout après la bataille de Fontenay, livrée en l'an 841 entre les enfants de Louis-Ie-Débonnaire, que cet amal- game devint plus complet. Cette immense boucherie availfait disparaître presque louleslcsanciennes familles, de sorte qu'il fallut les remplacer par les simples posses- seurs d'alleux , soit Francs, soit Gaulois, soit Romains. Le traité de Mersen, en 847, leur permit de changer leurs alleux en bénéfices et de se choisir un seigneur entre les princes compétiteurs. Il faut conclure de là qu'il n'y a plus sur notre sol de racs conquérante proprement dite. Elle est évidemment fausse et erronée, cette assertion de certains écrivains récents qui ont voulu retrouver de nos jours la classi- fication certaine des races qui vivent sur notre sol, en prenant d'un côté les restes de l'ancienne noblesse et en disant-: Ce sont les Francs; et de l'autre tout le tiers-état, et en s'écriant : Voilà les Gaulois. Rien de moins exact que ce thème, dans lequel on risque de se tromper du tout au tout (î). La vérité est que la fusion opérée par les siècles a été complète, et que les différences de races ont disparu dans ce travail du temps. La noblesse, dès le douxième siècle, formait pour ainsi dire une vaste mixtion de tous les rangs où les vainqueurs et les vaincus avaient une égale part. Mais le fait primitif de la conquête avait (t) Voir à cet égard l'opinion de Stendhal (Henri ficyle), dans ses Mé- moires d'un touriste eu France, et la classification qu'il fait des Français en Gallois et Kymris. Cet écrivain humoristique, qui a vu souvent juste et profond, a ené, Je le crois, dans celte thèsi; ingénieuse.