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LA NOBLESSE EN FRANCE. 331
A côté de cette loi s'en place une autre non moins
prépondérante dans la nature : c'est celle de Vhérédité.
La perpétuité, la filiation des espèces et des phénomènes
étant la règle de notre univers, il en résulte que l'aris-
tocratie, une fois éclose et implantée quelque part, a dit
chercher spontanément à se perpétuer et à se reproduire
dans les descendants des premiers privilégiés. Voilà donc
la transmission indéfinie du privilège primitif d'une gé-
nération à l'autre; c'est la noblesse proprement dite
constituée. L'existence de ce principe a inspiré sans doute
à Plutarque cette définition assez exacte de la noblesse,
la seule peut-être qui ait été formulée dans l'antiquité :
« Nobilitatem eam tueor, eam orno, quee virlus dicitur
« generis, quse à majoribus veluti per gradus ad nos
« delata, et avos et proavos in meiûoriam revocat. »
Toutes les nations qui se sont tour à tour succédées
dans le monde que nous habitons justifient par leur his-
toire cette règle universelle. Le fait de Varistocratie est
né et s'est développé chez tous les peuples sans excep-
tion. Il serait puéril et fastidieux de retracer le tableau
de ces aristocraties -, il est dans toutes les mémoires.
Tous les empires dont l'origine se perd dans la nuit du
temps, l'Inde, la Chine, l'Assyrie, l'Egypte, ont eu leurs
aristocraties fondamentales. Chez les Juifs, ce peuple
choisi pour être le dépositaire de l'idée du Dieu unique,
la théocratie et l'épée, la profession pastorale et agri-
cole constituaient une noblesse puissante et bien orga-
nisée. Dans toutes les nations barbares que les Grecs et
• les Romains ont tour à tour visitées et conquises, ce fait
se retrouvait et se constatait. Les Scythes, les Perses, les
Sarmates, les Africains, les Germains, les Bretons, les