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                         INSCRIPTION ANTIQUE.               293

 distinctes, place'es à la suite l'une de l'autre, les douze pre-
mières lignes en grec et le reste en latin. C'est, comme nous
l'avons dit, une épitaphe bilingue, ou plutôt, la seconde
partie n'étant pas une exacte répétition de la première , ce
sont, l'une après l'autre, deux épitaphes d'un même person-
nage, l'une grecque, l'autre latine, disant toutes deux à peu
près les mêmes choses , mais en des termes différents. L'é-
pitaphe grecque est en vers ; l'épitaphe latine est simplement
en prose ; chacune des deux, en outre, contient des détails
qui ne se rencontrent pas dans l'autre.
   Cette inscription remarquable devait, a juste titre, avoir
le privilège d'attirer l'attention, sans qu'il fût besoin, pour
cela, du prestige fortuit dont vint l'entourer,k son apparition,
une méprise singulière. La partie grecque, difficile à déchif-
frer, confuse, effacée en partie, semée de caractères d'une
forme insolite (1) et de noms propres bizarres, fut jugée en
premier lieu, toute autre chose que ce qu'elle est, et le
bruit se répandit rapidement de la découverte d'un texte
celtique, accompagné d'une traduction latine. On crut sincè-
rement à une seconde Pierre deRozette, et tenir enfin cette
fois, d'un hasard merveilleux, la clé du mystère à peu près
impénétrable jusqu'à présent qui enveloppe l'ancien idiome
de nos pères. Ce qu'une pareille trouvaille dut éveiller d'es-
pérances, de curiosité, d'anxiété vive et ardente, est facile
a concevoir.... Pour n'être que grecque et latine et n'avoir
pas réalisé des illusions par trop brillantes, l'inscription de
Genay n'en offre pas moins un monument d'épigraphierare,
curieux entre les plus curieux. 11 y est question d'une ville
mentionnée dans la Bible, d'un commerçant venu du fonds de
la Palestine, honoré de titres dans son pays et dans celui-ci,
 ayant un entrepôt de marchandises a Lyon et un autre dans

  (1) Les E ont une forme qui se confond avec celle du 2,