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180                     ORFÈVRERIE,

ques, dont le plateau, qui peut être considéré comme le
vase à ablution, nous paraît d'un symbolisme heureux.
Que pouvait faire de mieux l'orfèvre que d'y raconter
l'histoire de la plus grande des ablutions, le Déluge? On
y voit donc retracé le récit biblique de ce grand cataclys-
me du monde, et l'arche qui domine sur les flots ondulés,
le corbeau explorateur, la colombe rapportant à son bec
un rameau vert, l'arc-en-ciel dont la vue ranime la con-
fiance. Ces scènes grandioses sont indiquées avec simpli-
cité, et dans le genre des anciennes polychromies chré-
tiennes.
    LE CIBOIRE AUX COLOMBES — Entre plusieurs ciboires
fort riches, mais dont l'un surtout est d'une exécution
un peu touffue, le ciboire aux colombes nous a frappé par
sa richesse et intéressé par son iconographie. Elle ex-
plique les trois moments eucharistiques.
    Avant la communion, c'est le désir; les colombes vol-
tigent avec empressement autour de la sainte Hostie.
Cette idée était déjà exprimée à la partie supérieure par
des aigles supportant la croix, et rappelant cette parole
de l'Evangile : « Là où sera le corps, là les aigles se ras-
sembleront. » Le second moment est celui de la commu-
 nion. Les colombes nourries du pain céleste, ont la tête
ornée de l'aigrette symbolique qui représente dans les
peintures des Catacombes la communion reçue. Le troi-
sième exprime la satisfaction d'avoir communié. Les âmes
saintes, semblables à des colombes, posées sur des bran-
ches d'olivier, jouissent de l'Eucharistie dans !a paix du
 cœur.
    Au nœud du ciboire, trois personnages choisis entre
 nos monarques français les plus célèbres par leur foi,
 Clovis, Charlemagne, saint Louis se groupent autour du
 prince des Apôtres, et marquent ainsi l'union avec Rome
 dans l'unité d'une même croyance. C'est un repos dans ce
 petit drame mystique; ces figures, consciencieusement
 traitées, rompent doucement, parla couleur grise de l'ar-
 gent oxidé, l'éclat trop uniforme de l'or, tout en s'har-
 monisant avec lui.
    OSTENSOIRS. — L'ostensoir de Saint-Genis-Laval, d'un