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SYMPHORIEN CHAMPIER. 139
dire autrement que les écoles instituées, il a pris l'ini-
tiative, offert un salutaire exemple d'indépendance
dans une foule de questions intéressant l'avenir de
la médecine ; il a été le premier a secouer le joug
de la routine imposé par les âges antérieurs.
En général, dépassant les Arabes dans l'interpréta-
tion exacte des auteurs anciens, des Latins et des
Grecs, propageant, sans relâche, les ouvrages des
grands maîtres, restaurés, rendus par lui ou par son
actif concours a la fidélité originale du texte, il a remis
en honneur Hippocrate et Galien.
En indiquant la nécessité d'une rétorme dans la ma-
tière médicale, il a favorisé le développement d'une
thérapeutique plus rationnelle ; je ne dis pas qu'il a eu
le mérite de la créer. Son désir, sa volonté de la sous-
traire aux principes des Arabes, lui a dicté les pre-
mières recherchés, ies premières études faites en
France et en Europe sur la matière médicale indigène.
S'il n'a pas personnellement détruit beaucoup de
préjugés et d'erreurs, il a la gloire d'en avoir préparé
la ruine par l'esprit d'analyse, d'indépendance relative,
qui règne même dans ses écrits les plus médiocres.
Arrêté dans sa marche progressive par sa confiance
trop, absolue en Galien, il a été dirigé moins par les
vues d'une critique large et franche en toutes choses,
que par des aspirations, des tendances libérales très-
incomplètes et cependant inconnues jusque-la, parmi
nos pères, dans le monde-scientifique.
Gomme l'a si éloquemment exprimé M. Paul Sauzet,
président de l'Académie de Lyon : il faut le juger en se
rappelant les nuages qui obscurcissaient son horizon, et
non pas a la lumière éclatante du soleil qui, plus tard,
s'est levé sur sa tombe.
C'est en suivant les traces de Champier, en usant
du libre examen qu'il avait contribué à faire prévaloir
(sans oser toutefois le mettre en pratique dans toutes