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100                         AUTEL D'AUGUSTE.

point de départ des routes qui en sillonnaient la surface, a fait
 de Lyon une ville qui devint riche par le commerce.Aucune,
excepté Narbonne, ne fut plus populeuse. Les gouverneurs
romains y établirent une foire, qui fut comme le marché
de toute la Gaule, d'où sans doute son surnom de Copia, et
 un atelier monétaire d'espèces d'or et d'argent. Auguste
y lit un long séjour. Claude et Caracalla y naquirent. Ce fut
 aussi un lieu de garnison. Mais ce qui fit sa principale gloire,
 ce qui lui a valu d'être pendant plus de deux siècles la mé-
 tropole ou , comme nous l'appelons communément, la capi-
 tale des Gaules, ne lui appartint pas en propre. Cet insigne
 honneur lui est venu de la proximité de l'Autel parla créa-
 tion duquel l'habile politique d'Auguste avait peut-être voulu
 continuer, afin de les détourner au profit de la domination
 romaine, les assemblées à la fois religieuses et nationales
 du pays des Carnutes. Et l'on sait que l'Autel ne dépendait
pas de Lyon et qu'il n'était pas sur son territoire. Si par elle-
 même la colonie lyonnaise , sans autorité sur les cités , les
 unes alliées, les autres libres, sur les municipes et les rares
colonies, soit de la Belgique et de l'Aquitaine, soit même
de la province que son nom servait à désigner, n'avait pas
les conditions d'une capitale dans le sens qui s'attache à
cette expression; si en général, il n'y avait pas à l'époque
romaine, a proprement parler, ce que nous appelons des
capitales (1), c'est-à-dire des villes, centres d'un pouvoir qui,
de là, rayonne sur tout le pays, il n'en était pas de l'Autel
du confluent comme de la colonie. Siège annuel de l'as-
semblée des députés des soixante peuples des trois provinces
constituées en confédération religieuse pour les affaires du
culte de Rome et d'Auguste, assemblée dans laquelle se

   (1) Dans une de ses belles notes qui font lie principal mérite de la réédi-
tion de la Recherche de Spon, M. L. Renier dii : « Les provinces de l'empire
n'avaient pas de capitales dans le sens que nous attachons à ee mot. »