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96                     CHRONIQUE LOCALE.
en fourmillera et février n'en manquera pas. Nous avions cité, le
mois dernier, parmi les artistes qui devaient se faire entendre
MM. Pontet, Lapret, Penavaire et Aimé Gros ; nous pouvons
ajouter MM. Nauwelaers, Ten Hâve, Jules Robert et Luigini, sans
compter les réunions périodiques de M. Pontet, qui ont le pri-
vilège d'attirer les amateurs d'élite de notre ville.
   — La musique pourtant ne règne pas sans partage ; la pho-
tographie continue à florir dans toute l'enceinte de nos rem-
parts ; les cadres illustrés d'originaux brillent à tous les
coins de rue. Mais, à côté du métier, l'art brille souvent.
Un des salons les plus courus offre une véritable galerie, non
seulement de magnifiques portraits, mais d'œuvres d'art. Le pro-
priétaire de cet élégant établissement a eu l'heureuse pensée de
publier dans un bel album quelques-unes des œuvres de Soumy,
graveur habile, peintre de grande espérance, que notre ville a
perdu jeune, il y a peu de temps. Cet album aura ces jours-ci
les honneurs de l'Exposition.
   — Le palais Saint-Pierre va, le 16 courant, rouvrir ses galeries
à cette foule si empressée de répondre à l'appel des Amis-des-
Arts. Comme toujours, on nous a dit qu'on verrait cette année
des toiles splendides ; comme toujours, on nous a prévenu que
l'art était perdu. Nous pensons que la ville des Saint-Jean et
des Bonnefond aurait tort de jeter un cri d'alarme.
   — En tout cas, si la peinture a des instants de défaillance,
l'éloquence reste au niveau le plus élevé. On a pu en juger en
écoutant Féloge de Ravez à la dernière séance publique de l'Aca-
démie, et les nobles paroles prononcées à propos de MM. Octave
Vincent et Margerand, à la réunion des avocats, le 31 décembre.
« Jamais plus beaux caractères n'avaient trouvé un panégyriste
plus éloquent, a dit un journal de notre ville » et cette belle
phrase a reçu l'approbation de tous les auditeurs.
   — On s'entretient beaucoup, dans le monde des arts, d'une
chapelle que des artistes lyonnais viennent de terminer près de
 Feurs. Les peintures murales sont de M. Chatigny, les sculp-
tures de Mv Fabisch, les vitraux de M. Pagnon, les mosaïques
de M. Mognot. On prétend que ce petit monument prendra
rang parmi les plus beaux de nos pays.
  — Et maintenant que la nouvelle année donne prospérité
à la ReVue, joie et santé à ses lecteurs.  • A. V.
                           AIMÉ V1NGTRINIER, directeur-gérant.