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                        BIBLIOGRAPHIE.                        83
    Les agiles poissons se jouer dans les eaux
    Et sous un ciel d'azur voltiger les oiseaux.

   C'était toute un révélation; s'il en est ainsi de tout l'ou-
vrage, me dis-je, le vrai traducteur français du Tasse est
trouvé ; mon rêve est réalisé. Et sans relâche, attiré d'octave
en octave comme dans une chaîne magique, je dévorai en
quelques heures la pâture choisie et si bien venue à point
qui m'était offerte. Quand j'eus tourné la dernière page, mon
opinion sur l'œuvre était irrévocablement faite ; elle se résu-
mait dans l'enthousiasme que celte lecture m'avait inspiré.
Elle n'a pas varié depuis, et je confesse ici, qu'à mon point
de vue, la Jérusalem, avant M. François Desserteaux, n'avait
pas été traduite en France.
   François Desserlaux : j'ai prononcé le nom du poêle tra-
ducteur. Je voudrais bien faire connaître l'homme avant
l'écrivain et montrer comment il est doué, au physique et au
moral, d'une des plus exquises nalures de poète qui se
puisse voir. Mais ce serait blesser sa modestie. Qu'il me
suffise de dire que M. Desserteaux, conseiller à la Cour
impériale de Besançon, cette ville sérieuse et lettrée, con-
tinue dans notre siècle les traditions particulières à notre
pays de ces magistrats littérateurs parmi lesquels se sont
illustrés les Montesquieu, les de Brosses, les Dupaly, les
Pasquier, les Lamoignon.
    C'est dans sa ville si profondément empreinte encore
du cachel espagnol; dans les laborieux loisirs que lui
laissent ses fonctions, qu'il cultive avec amour la poésie et
 les lettres. Il est un de cesdbscurs et vaillants pionniers qui,
 dans le silence et l'isolement, de la province, et malgré l'in-
 différence de ses contemporains, travaillent pour l'amour dé-
 sintéressé du beau et de l'idéal, pour la pure satisfaction de
 leurs instincts élevés, et pour justifier, môme sans l'appât de