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                           BIBLIOGRAPHIE.                      81

loureuses de ce glorieux Calvaire où s'agita sa vie, et
retrouvai dans ma mémoire des mosaïques éparses de cet
immortel monument qu'on nomme la Jérusalem délivrée.
    Transporté dans ce monde chevaleresque évoqué par
Torquato, je revis Armide, Herminie, Clorinde, Argant,
Godefroid, Tancrède.-J'aperçus défilant devant moi toute la
grande épopée, et, passant par degrés d'eUe m poète, je le
contemplai tour à' tour illustré, aimé, glorieux ; puis ma-
lade, captif, éplor'é'; airné encore et fêté, régn'sfriï sur son
siècle et sur le cœur d'Éléonoïe; puis* mourant! déïis une
cellule de couvent, la veille même dé son' couronnement
poétique au Capitole. Étrange évolution! bizarre destinée!...
Et machinalement'je'pris le poème d&'ns nia Mblîoihëquë, et
je relus dans une sorte d'extase les divines octaves qui
avaient charmfr ma jeunesse. Et en savourant ces Délies
choses dans l'idiome original, je plaignais sincèrement* qui-
conque est obligé, pour les connaîlre, de recourir à une
 traduction, et surtout à une traduction française. Je me
 posais celte amère demande: « Pourquoi le Tasse n'a-l-il
 « pas rencontré jusqu'à présent, dans noire patrie,, un t r a -
 « ducteur digne de lui? N'y aura-t-il donc jamais un poète
 « français voué à la belle tâche d'initier ses compatriotes à
 « la vrai notion du chef-d'œuvre italien? »
  Et tout en songeant a ceci, j'en étais à ces belles octales,
dans l'épisode d'Herminie' chez les bergers :

                        0 padre, or che d'intorno
        D'alto incendio, di guerra arde il paese,
        Corne qui state in placido saggiomo, etc., etc. (i).

   Lorsque soudain là posté m'apporta un beau volume, une
 Traduction de la Jérusalem:Étonné,ravi de cette coïncidence,

   (1) Jerusalemme liberata, Canto VII.
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