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1/8               INSCRIPTION DE SAlilNlUS AO.UH-A.

    D'ailleurs, le texte de cette inscription semble donner tout
 à fait raison à cette interprétation. Procuralori provincim
 Syrien Palestinœ ibi exaclori reliquorum annonce sacrai expe-
 dilionis. C'était donc bien dans la Syrie et la Palestine que
 Timesithée avait a exiger les arriérés de la dépense pour
l'expédition sainte : impôt auquel le vaincu avait été oon-
 damné.
    Cependant, remarquons que Timesithée, père de l'impé-
 trice Tranquillina, épouse de Gordien III (1) vivait au
 IIIe siècle, et qu'il y avait déjà un siècle que les Juifs, en-
 tièrement dispersés et chassés a tout jamais du pays par
l'empereur Adrien, erraient de contrée en contrée.
    Quel arriéré d'impôt pouvait-on exiger de ceux qui ne
possédaient plus rien. Était-ce une taxe de servitude qui les
 atteignait dans toutes les provinces de l'empire, ou était-ce
le sol qui, même entre les mains des nouveaux habitants,
 devait acquitter cette ancienne dette ? Ceci est plus probable
et paraît même certain. Ibi, dit l'inscription, c'était donc
bien Ta, en Syrie et en Palestine, que Timesithée devait exiger
avec rigueur les arriérés de l'impôt de l'expédition sainte.
C'était donc bien le sol qui n'était pas encore libéré de la
contribution de guerre fixée par le vainqueur. Les haines re-
ligieuses sont implacables, et ce mobile puissant, joint à
l'avidité des empereurs, a pu maintenir une taxe onéreuse
sur les malheureux successeurs des Juifs, et leur imposer
une humiliante et cruelle solidarité.
    Il serait d'un haut intérêt d'approfondir toutes ces ques-
tions, et de pouvoir trouver un texte ancien qui ne laissât
aucun doute. Aujourd'hui que le monument de Timesithée.

  (1) Nous avons eu connaissance de cette alliance de notre haut person-
nage avec l'empereur Gordien III par une lettre de M. Léon Renier,
publiée dans le Salut public du 19 juillet (857.