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EXPOSITION DES BEAUX-ARTS. 147
lac du bois de Boulogne en miniature) composent l'ameublement
— s'il est permis de parler ainsi — de ee vaste jardin sous verre.
De chaque côté des allées nombreuses, se dressent de colossales
statues dont nous parlerons plus tard. — Mais, traversons vite ce
paradis terrestre que notre admiration a dû décrire en quelques
mots pour lui rendre la justice qui lui revient et montons, sans
plus tarder, aux spacieux sillons de l'étage supérieur.
Ici, nous allons revoir des peintres aimés et des Lyonnais en
grand nombre. —
Pour ne pas trop demander à la patience des abonnés de cette
Revue, nous nous contenterons cette fois dédire unmot surcha-
que artiste-exposant de la ville où s'imprime ce recueil. Notre
besogne terminée, nous nous réservons le droit de donner notre
opinion sur les principales toiles du salon.
Voici, d'abord M. Allemand. Les numéros 28 et 29 du livret
nous indiquent qu'il a exposé deux paysages, deux études intitu-
lées : Un orage au crépuscule et Le soleil couchant. Le soleil cou-
chant inspire toujours au poète une strophe sentimentale. Le la-
boureur qui vieillit en répandant sa sueur sur le soc de sa charrue,
ramène ses bœufs à l'étable. Il va rentrer chez lui, après une
fatigante journée de juillet, quand sa femme et des enfants qui
voient en lui tout leur espoir l'attendent sur le seuil de la pauvre
maison. L'astre du jour (expression usée) se cache derrière l'ho-
rizon. La nature va se rafraîchir dans les tiédeurs de la nuit. Le
disque argenté de la lune brille de tout son éclat. Le sujet est
gracieux, mais malheureusement il n'est pas neuf. Cependant,
l'auteur de cette toile, remarquable par le coloris et l'effet de la
lumière, a assez de virilité dans son talent, pour ne pas craindre
d'aborder une composition originale.
M. Appian a été, ce nous semble, plus osé, et nous l'en félici-
tons. Les deux dessins qu'il a appelés Le plaisir et La peine dans
les bois, sont soignés, intéressants, gracieux. Le coup de crayon
est ferme sans être dur, vif sans témérité. L'air circule librement
sous son feuillage. Bravo ! cela promet.
Un élève de M. Léon Cogniet, M. Stéphane Baron, a présenté
deux grands tableaux d'un cachet sérieux et digne d'attention.