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  312                        LA R E V U E LYONNAISE
    Je n'ai parlé que de musique. L'horizon littéraire est encore plus radieux. C'est
 tout un entraînement et il est à son comble, deux immenses succès ^de librairie
 l'ayant préparé : les Contes ^provençaux de Roumanille, épuisés en quinze
 jours et la Mireille illustrée d'Eugène Burnaud, qui est en train de faire la
 gloire de l'imprimeur Lahure et la fortune de l'éditeur Hachette. Toute la
 presse française et étrangère a salué ces deux publications. J'ai compté, pour
 ma part, plus de 90 articles à propos de Mireille illustrée. Depuis VIntransi-
 geant jusqu'à ia Gazelle île France, tous ont acclamé MireiUe. Et la France
 entière en est maintenant amoureuse !...
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    Le 14 janvier dernier, à Avignon, après unefelibrée de trois jours — où étaient
  présents Mistral, Aubanel, Roumanille, Félix Gras, Bonaparte Wyse, Paul Arène,
 Ch.Boy, P. et V. Mariéton, — le Capoulié et le président des felibres de Paris,
 ont décidé à l'unanimité des assistants qu'une fête solennelle aurait lieu dans la
 capitale en mai prochain, pour célébrer de quatrième centenaire de l'union libre
 delà Provence à la France. Le projet fut soumis à la réunion prochaine du feli-
 brige de Paris. Il était présidé ce jour-là par le sculpteur provençal Amy dont
 la motion fut acceptée de célébrer le glorieux anniversaire dans un Banquet des
 Méridionaux à l'hôtel Continental.
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    Le samedi 23 février dernier, à la mairie du VIe arrondissement, grande fête
 littéraire donnée par les felibres de Paris. Dans son charmant discours d'ouver-
 ture, ie président, M. Paul Arène, remercia « en particulier M. Prévost, le
 maire de l'arrondissement, toujours si dévoué aux choses du patriotisme et de
 l'art et qui, pour nous offrir l'hospitalité de sa mairie, n'avait pas eu besoin de se
 rappeler les liens qui l'unissent à une famille provençale justement célèbre dans la
 peinture et les lettres. » II rappela enfin, aux applaudissements de tous, que s'ils
 < aiment leur midi, les méridionaux n'en aiment Paris que davantage, sachant
  (
bien que c'est là que définitivement se lie la gerbe et que se groupent comme
en un bouquet glorieux les plus belles fleurs du sol français. »
    Parmi les spectatrices, nous avons remarqué une illustre amie des felibres,
Mme Ed. Adam, M«>es Prevost-Roqueplan et L-'onie Beaudoin, puis MM. Fabre,
Gaillard et Liouville, députés ; les sculpteurs Amy, Truphèine et Granet ; les
peintres Baudoin, Grivolas et Ferdinandus ; MM. Gh. de Tourtoulon, directeur
delà Revue du Monde latin, Ya'ère Bernard, le vaillant feîibre des Ballado
d'Aram, Elie Fourès, etc..
    On applaudit en particulier M. Pélissier dans la chanson provençale de Magali,
M. Sarrus dans les Cerises et les Sapins, M. Garjat dans trois de ses admirables
poésies patriotiques et MUe Rousseil dans zo\i Sphynz des Pyramides.
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   La Revue du Monde latin continue sa marche ascendante. Je signalerai dans
jes trois derniers numéros, comme intéressant le félibrige: Margarita, poésie
roumaine du grand latin V. Alecsandri, sublime page égale aux plus belles inspira-
tions du poète ; deux poésies languedociennes de Fourès et une longue étude de
Paul Mariéton sur Frédéric Mistral (le rôle du poète et) Mistral prosateur.