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               CLAUDE-FRANÇOIS MENESTRIER                         285
domaine du P. Menestrier; c'était ce qu'il appelait la philosophie
des images. Tous les volumes qu'il a publiés de l'année 1659 à
1705 sont autant d'essais qui devaient trouver leur place dans ce
cadre immense ; il a traité son sujet à fond dans plusieurs de ses
parties, et, dans quelques autres, il a montré mèmepar ses ébauches
de quoi étaient capables une érudition qui embrassait tout, une
mémoire intarrissable et l'amour du travail guidé et soutenu par
une critique toujours judicieuse et éclairée. On a peine à com-
prendre qu'un religieux obligé par les austères obligations de son
état à consacrer la plus grande partie de son temps à l'accomplis-
sement de la règle, à l'exercice du saint ministère, à l'enseigne-
ment et à la prédication, ait pu trouver le temps de réunir les
innombrables matériaux nécessaires pour la construction d'un
édifice tel que celui qu'il nous a décrit, en coordonner dans son
esprit tous les détails, et enfin publier plus de cent volumes de
tous les formats, sur toute sorte de sujets sans compter les
milliers de devises, d'emblèmes et d'inscriptions qu'il composa
et les décorations dont il inventa l'ordonnance et dirigea l'exé-
cution. Il fallait être doué d'une rare et féconde intelligence
et d'une organisation physique toute exceptionnelle pour suffire à
des compositions si diverses et si nombreuses et pour supporter le
poids de tant de veilles et de travaux. »
   Quant à la date de la confection de notre manuscrit, M. le Pré-
sident Baudrier l'a déterminée exactement par quelques lignes de
la page 298, d'après lesquelles il paraît incontestable que le P. Me-
nestrier a écrit ce volume en 1658. Il avait alors 27 ans, étant
né à Lyon, le 9 mars 1631, rue Lanterne.
   C'est donc en 1658, que le P. Menestrier a pris, la première
fois la plume pour commencer sa longue et parfois singulière
série de publications. Cette série "serait pjut-être même bien plus
considérable, s'il n'eût pas quitté Lyon pour se retirer dans la mai-
son de sa Compagnie à Pari?, car sa position était devenue intena-
bleà Lyon. En dépit de sou extraction roturière, il avaitdes préten-
tions à la noblesse, ce qui lui fit beaucoup d'ennemis et le Président
Gapré écrivait même à cet égard à Guichenori : « Je vous promets
que ce Menestrier pour être fils d'apothicaire, fait trop le grand
 seigneur etje trouverai mille choses à dire à son fait quand je vou_