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        UN R É F O R M A T E U R AU D I X - S E P T I E M E SIECLE   443
 le Main et le remonta jusqu'à l'abbaye de Seligenstadt où des
 chars, envoyés par l'abbé Jean-Bernard, étaient venus l'attendre.
    Il y avait près d'un an que le roi de Danemark avait été battu
 par Tilly à Lutter (27 août 1626). Les catholiques l'avaient
 emporté sur les protestants ; et les Espagnols, alliés de l'empereur,
occupaient une partie despays du Rhin. Le légat avait été escorté,
pendant la première partie de son voyage, par des soldats espagnols
et il en vit encore une garnison à Gelnhausen qu'il traversa pour
 se rendre de Seligenstadt à Fulda.
    Arrivé à la frontière, il trouva le prince-abbé, qui était venu à
 sa rencontre, et qui le conduisit d'abord dans son château de
Neuhof (2 juillet). Ce fut de là que le nonce fit connaître sa visite
par une circulaire.
    Le 4 juillet suivant, il arriva à Fulda, et il y fut solennellement
reçu à l'église de l'abbaye. Le prince-abbé célébra lui-même la
grand'messe. Les religieux se réunirent ensuite dans une des
salles du chapitre, et le légat, après avoir t'ait connaître les pou-
voirs qu'il tenait du Pape, leur adressa un discours qui fit une vive
impression, et auquel le doyen Melching répondit par quelques
paroles de bienvenue. Le légat dîna ensuite avec les prieurs et les
autres dignitaires ; tous, par respect pour lui, restèrent la tête
découverte. Les jours suivants, il dîna seul. Ces détails et ceux
qui suivent nous font connaître ce qu'était une visite d'abbaye
au dix-septième siècle.
   Dès le lendemain, Garafa commença par inspecter, dans l'église
de l'abbaye, le tabernacle, les vases sacrés, les ornements et les
reliques des saints. Il interrogea ensuite séparément tous les reli-
gieux, consacrant à cet office plusieurs heures par jour, le matin,
de sept à onze, et le soir, de trois à sept ; il disait la messe à onze
heures et dînait ensuite. Le temps qui lui restait de libre, il l'em-
ployait à visiter, aux environs, les prieurés qui entouraientl'abbaye
comme des forts avancés qui défendent une citadelle.
   La visite dura quatre semaines. Lorsqu'elle eut été achevée, le
légat préparales décrets dont il avait reconnu l'utilité ; mais avant
de les promulguer, il les communiqua au prince-abbé et aux reli-
gieux, en les priant de lui faire les observations que leur examen
pourrait leur suggérer. Ils furent approuvés ; toutefois le doyen,