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CLAUDE-FRANÇOIS MENESTRIER 281 2 bliothèque du collège de Lyon, Claude François Menestrier s'oc- cupa aussi beaucoup des collections d'antiquités de cette maison, dont on n'a connu les richesses, volées en partie parla Révolution, que par la récente découverte de leur inventaire, dressé par le vertueux P. Janin, assassiné peu après par cette même Piévolution. Dans plus d'un de ses écrits, il se révèle aussi comme archéologue, entre autres, dans les premiers livres de son Histoire consulaire de la ville de Lyon, remplis de dissertations sur nos antiquités lyon- naises ; dans sa Lettre sur les antiquités de Ljijon, insérée dans le Journal des Savants du 3 septembre 1701, et dans ses manus- crits sur l'Histoire de V Eglise de Lyon. Toutefois, ne s'est il pas trompé quelquefois dans ses appréciations? Le P. Le Laboureur le lui a reproché souvent et durement ; mais n'est-il pas excusable? Au temps où il vivait, la science de l'archéologie naissait à peine, et le sol lyonnais, quoique déjà souvent fouillé alors, n'avait pas encore donné tous les renseignements dont ont su profiter nos ar- chéologues modernes. Outre les écrits sur l'art antique dont je viens déparier, le P. Menestrier paraît en avoir laissé encore d'autres, et que Pernetti semble avoir vus, car cet écrivain a accusé le P. Colonia « d'avoir dépecé les manuscrits du P. Menestrier, au point de les anéantir », pour écrire ses Antiquités de la ville de Lyon, qu'il présenta au duc de Bourgogne, et dont il avait em- prunté la plus grande part aux ouvrages du P . Menestrier, sans dire à quelle source il avait puisé. Ce sont ces manuscrits qu'il s'agirait aussi de retrouver et de publier, et que M. Allut a vaine- ment cherchés. C'est donc un Menestrier complet que nous aimerions à voir; c'est une lourde tâche à remplir, j'en conviens, mais qui ne saurait mieux le faire qu'un savant aussi universel et aussi compétent que le P. Sommervogel ? Je venais d'écrire ces lignes, et elles étaient même déjà chez traites à la collection lyonnaise. L'Hôtel des Monnaies possède encore les coins de ces médailles. 2 Jean-Baptiste Menestrier publia en 1622 et 1627 ses observations sur ces médail- les (Moreri. Tome V, p. 282). Claude Menestrier publia aussi un bon traité, sous le titre Diana Ephesiana (Idem).