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94                        LA R E V U E     LYONNAISE

être étudiés comme ils doivent l'être ? Je souhaite, et tous les amateurs de beaux
et bons livres seront de mon avis, qu'il pense et agisse autrement. Chez nous,
plus que chez n'importe quel peuple, on peut dire, de la mode, en corrigeant
légèrement, ce que Musset disait de la Malibran :
              Sans doute, il est trop tard pour parler encore d'elle :
              Depuis qu'elle n'est plus quinze jours sont passés.
              Kt dans ce pays-ci, quinze jours font, je sais,
              D'une mode récente une vieille nouvelle.

   Il semble que nous ayons été trempés, à notre naissance, dans les eaux du
fleuve Léthé. C'est pour cela, à cause de cet oubli presque instantané, qu'un écri-
vain peut être sûr, en parlant des choses de quarante ou cinquante ans, de
révéler mille nouveautés à ses contemporains. Lisez les Français peints par
eux-mêmes,     cette remarquable encyclopédie que publia Curmer : tout est
changé, les types ne sont plus reconnaissables. Et cela n'a guère plus de trente
ans !
   C'est pour cela que, s'il m'étais permis de formuler humblement mon avis,
je dirais à M. Lacroix : « U y a place encore pour un, et pour plus d'un, de ces
volumes de tous points délicieux que vous nous avez donnés. Ce livre, faites-le
nous, sinon pour cette année, au moins pour l'autre. 11 manque quelque chose à
nos étrennes quand, au jour de Fan, MM. Didot nous envoient leur catalogue
sans que nous y lisions votre nom. »                       GH. LAVENIR.




     BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ D'ANTHROPOLOGIE D LYON, 1881-1882-1883
                                                         M
      3 fascicules in-8. — Paris, G. Masson, libraire; Lyon, II. Georg, libraire.

   11 y a quelques années, l'illustre Broca venait inaugurer la collection anthro-
pologique du Muséum d'histoire naturelle de notre ville; peu de temps après,
notre Faculté des sciences était dotée, par le ministère de l'Instruction publique
d'une chaire d'antropologio ; mais la faveur attachée à cette science de l'étude de
l'homme rendait insuffisantes encore ces institutions, auxquelles le concours
efficace d'une vulgarisation populaire était nécessaire pour leur faire porter tous
les fruits qu'attendaient d'elles leurs fondateurs ; de là l'idée, née dans un
groupe de savants, de la Société d'anthropologie    de Lyon.
   Le 10 février 1881, la Société tenait sa première séance; après la discussion
et le vote des statuts, le bureau était composé, et M. le docteur Paulet appelé,
pour le premier exercice, au fauteuil de la présidence, successivement occupé
depuis, en 1882, par M, le docteur Arloing, en 1883, par M. le docteur Sicard.
A la séance suivante, un comité de publication était élu. Les plus illustres r e -
présentants de la science contemporaine, Darwin, de Quatrefages, Virchow,
Evans, Garl Vogt, de Mortillet, nommés membres honoraires de la Société,
avaient répondu à cette distinction en saluant sa naissance de leurs voâux et de
leurs félicitations. La sympathie du monde savant était gagnée, il fallait se faire
connaître du public ; on organisa dans ce but des conférences, et la grande salle
de la Faculté, gracieusement mise à la disposition de la Société, fut trop petite
pour contenir les auditeurs empressés de MM. Lacassagnej Gazeneuvc t Guimet
et de Millouéj leur exposant tour à tour les problèmes si intéressants de la cri-