page suivante »
BIBLIOGRAPHIE 543 places. Vu à distance, tout ce coffret ressemble à une mosaïque ; malheureuse- ment il manque quelques parties de son ornementation primitive. Mais on y voit encore sur un fond bleu semé de fleurons, trois cavaliers couronnés dont la tête est repoussée et en relief sur la plaque; on peut y reconnaître l'arrivée des rois Mages à Bethléem; la plaque correspondante devait représenter Y Adoration. Sur les petites faces sont les images de sainte Madeleine et de sainte Marthe. Tout dans cet objet d'art rappelle les oeuvres byzantines de la fin du onzième ou des premières années du douzième siècle que possèdent encore les églises d'Albi, de la GuênedanslaCorrèze, de Saint -Aurélien à Limoges etd'autreslocalitésduLimousin. Ce reliquaire caché dans la poussière d'une sacristie était pour ainsi dire in- connu. On ne peut donc que savoir gré à M. l'abbé Guélon de lui avoir consacré une notice spéciale et de l'avoir représenté sur deux planches jointes à son inté- ressante étude. ' X. X. I E S DIEOX ANTIQUES. Nouvelle Mythologie illustrée, d'après GEORGES W. Coxetles travaux de la science moderne; ouvrage orné de 260 vignettes, par S, MALLARMÉ. — Paris, 1830. J. Rothschild, éditeur, 13, rue des Saints- Pères. Les artistes du jour ont beaucoup de génie, Mais ne sont pas très forts sur la mythologie, disait un jour Golnet du Ravel. Mais, avouons-le, cette boutade de l'Ermite de Belleville pourrait, hélas! s'appliquer à nombre de personnes ! De cette longue pléiade de dieux antiques, Hindous, Norses, Perses, Grecs ou Latins, nous citons bien des noms, nous voyons de fréquentes figurations, mais si quelque esprit ma- lin venait à nous en demander l'histoire, peut-être éprouverions-nous quelque embarras à la narrer. C"est qu'en effet, à quelles sources puiser, sur \m pareil sujet, des récits à la porté do tous, alors qu'il s'agit do ces innombrables divi- nités avec leur long cortège de mythes, de fables et de légendes écrites dans toutes les langues? De tous temps, cependant, elles ont su captiver parleur charme les esprits même les moins poétiques. Rien de plus gracieux, de plus original, et, disons-le, de plus philosophique que ces incarnations successives des divinités hindoues ou védiques, ces lointaines expéditions des Argonautes, ces récits fabuleux de la guerre de Troie, ou l'histoire du beau Phœbus-Apollon, de la sage Minerve, delà fière Junon ou du puissant Jupiter escorté de tout son Olympe! Déjà , plus d'un auteur jadis s'était essayé pour retracer ces légendes fa- meuses, parfois si singulières. Nos pères se souviennent encore des livres où Demoustier, mariant la prose et les vers, peignait dans son style imagé les divi- nités payennes. Mais aujourd'hui nous ne nous contentons plus de la vie de ces dieux que les Grecs et les Romains adoraient autrefois. L'histoire des religions chez tous les peuples, et partant les connaissances mythologiques, ont ouvert à nos savants des horizons tout nouveaux, jusqu'alors inexplorés. C'est qu'en effet, la mythologie n'est plus, comme autrefois, chose simplement curieuse à lire, c'est maintenant toute une science que l'on ne peut ignorer, car c'est elle qui nous initie aux connaissances toutes premières des peuples les plus anciens; c'est en quelque sorte la transition indispensable entre ces temps à peine connus de la préhistoire, et ces premières pages de la vie des peuples transmises défini- tivement par une tradition héréditaire,