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272                   LA REVUE     LYONNAISE

      Venimeux. Le caprice est roi. L'horizontale
      Effrontée, à l'abri de son masque agressif,
      Agace le passant d'un sourire lascif.
      Le rire est invincible, et la joie est fatale,
      Absolue. Arlequins, blancs pierrots, de leur voix
      De fausset, font pleuvoir les jeux de mots grivois,
      Les épigrammes, les madrigaux. Des Terrasses
      Jusqu'à la place des Phocéens, travestis.
      Masques, chars, cavaliers se suivent. Les cuirasses,
      Les armes, les grelots font un gai cliquetis.


                                  m
                      LA BATAILLE DE CONFETTI


      A chaque coin de rue, un homme, qui détaille,
      Au poids, à tout venant, les friands confetti.
      C'est fête, la maison est vide. On est sorti.
      Par groupe, à deux, à trois, se tenant par la taille,

      Fillettes et garçons s'en vont à la bataille,
      La pelle dans la main, le visage blotti
      Sous le masque. Il n'est plus ni haine, ni parti,
      Ni caste, ni commis, ni clerc, ni valetaille,

      Ni subalterne. Tous sont égaux : le poltron,
      L'enfant, le fier-à-bras, le dandy, le mitron,
      Le nain. Des balcons, des tribunes à la rue,
      Du haut en bas, de char à piétons, on se bat,
      On se mitraille. La grêle crépite drue
      Et serrée, et partout s'acharne le combat.

                                    IV
                      LA BATAILLE DE FLEURS

      Ce n'est ici rien moins qu'une pantalonnade.
      Le long de la mer bleue, — en rangs pressés, — fleuris,