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INSCRIPTIONS ANTIQUES, TROUVÉES A LYON. 369
La lecture est facile : vivs est mis pour vivvs ; et ADUC pour
ADHVC. On sous-entend AEDES après le mot APOUNIS, mis pour
APOIXINIS. Les lettres sont belles et annoncent le siècle des
Antonins. Il n'y a qu'une ligature, celle de M et de p, dans le
mol POMPEIVS. Le mot ET de la première ligne, appartient Ã
la deuxième; et il paroît n'avoir été placé si haut que pour
réparer un oubli.
Voici la traduction :
« Aux Dieux Mânes, et à la mémoire éternelle de Blan-
dinia Marticla, femme vertueuse, qui a vécu 18 ans, 9 mois
et 5 jours. Pompeius Catussa, citoyen Séquanien, slucaleur,
à son éqouse incomparable et à lui-môme. Elle a vécu heu-
reusement avec moi, sans aucun reproche, pendant 5 ans, 6
mois et 18 jours. Il a ordonné que l'on élevât de son vivant
ce monument consacré à son épouse, destiné aussi pour lui-
même; et il en a fait la dédicace pendant que l'on y travail-
loit encore. Lecteur, allez vous baigner dans l'enceinte du
temple d'Apollon. Je m'y suis baigné avec mon épouse. Je le
voudrais encore, s'il étoit possible. »
La profession de Catussa (TECTOK) a donné lieu à l'auteur
de montrer qu'elle consistoit à enduire d'un crépis, ou stuc,
les murailles que l'on peignoit le plus souvent. 11 a rappelé
ici que les Anciens employoient peu les tapisseries ; que, si
ils en eussent agi autrement, il ne nous resteroit aucune de
leurs peintures, et que nous serions réduits à juger le mérite
de leurs peintres, d'après les textes si obscurs de leurs écri-
vains. Les fautes d'ortographe réelles ou apparentes, permet-
tent de conjecturer que l'on doit lire, ou entendre TEXTOR au
lieu de TECTOR. On sait de Martial (4, 19 et 6, 11), et de
Juvénal (9, 28), que la Séquanie (province des Gaules, qui
comprenoit une partie des contrées appelées depuis Franche-
Comté et Bourgogne) fournissoit à Rome des étoffes épaisses
de laine.