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EN ALLEMAGNE. 129
doctrine d'une vie éternelle par delà le tombeau, s'il admet
ou s'il n'admet pas l'existence d'un Dieu extramondain et
transcendant. Là encore notre opinion sera bientôt arrêtée :
un système qui enseigne que Dieu n'existe qu'en tant que
conscience de Dieu en nous, et qui prétend que notre foi en
une vie éternelle « semble » seulement supposer la foi en
une existence future de l'individualité humaine, ne peut se
plaindre s'il est taxé de panthéisme. Il importe néanmoins
d'ajouter que le célèbre professeur proteste contre cette con-
clusion, qu'il prétend éviter l'écueil contre lequel nous le
voyons évidemment échouer, et, en particulier, qu'à différentes
occasions récentes, il s'est prononcé assez explicitement en
faveur du théisme. A nos yeux cela ne prouve qu'une chose ;
savoir, qu'il appartient, comme nous le disions plus haut, Ã
cette tendance vague qui flotte indécise entre des doctrines
contraires, et qui, voulant se tenir également loin de la gauche
et de la droite, jette des deux côtés tant de regards inquiet
qu'elle finit par enseigner ce qu'elle considère peut-être elle-
même pour une erreur. Marheineke occupe l'un des premiers
rangs dans le nombre de ces théologiens rares, même en Alle-
magne, qui traitent avec un égal succès la théologie théorique
et la théologie pratique, qui s'occupent avec le même bon-
heur des sciences historiques et des sciences philosophiques
dans leurs rapports avec l'Église, et qui ont l'esprit assez
compréhensif pour embrasser le vaste champ des disciplines
les plus diverses avec le talent du véritable penseur. Si Ã
toutes ces qualités il joint le défaut d'appartenir au centre
hégélien, il paye par là un tribut à l'époque contemporaine.
Les mérites que notre illustre théologien s'est acquis sont
uniques et lui sont personnels ; le hégélianisme a été le vice
radical de toute la philosophie allemande dans les dernières
années.
Vatke, comme Marheineke, ne trouve de salut que dans
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