page suivante »
130 DE L'ÉTAT ACTUEL DE LA PHILOSOPHIE les idées spéculatives et hégéliennes ; comme lui, il n'est pas orthodoxe à la façon de Goeschel, ne veut pas non plus em- brasser le panthéisme, et l'enseigne néanmoins dans ses écrits pour peu qu'on prenne ses propositions au sérieux. A la fois théologien et philosophe. s'occupant surtout de la littérature hébraïque et de la philosophie de la religion, Vatke a écrit, il y a huit ans, sur la théologie biblique de l'Ancien Testament, un ouvrage destiné à faire voir qu'une nécessité philosophique a présidé au développement des idées religieuses du peuple hébreu, et à démontrer que la rédaction de presque tous les livres de l'ancienne alliance date d'une époque beaucoup plus récente que celle à laquelle la tradition prétend faire remonter l'origine des textes sacrés. Dans ce même ouvrage, l'idée du mythe est appliquée à l'Ancien Tes- tament d'une façon analogue à celle qui a rendu si célèbre un autre savant de l'école hégélienne comme historien de la vie de Jésus. Plus tard, Vatke a écrit, sur la liberté humaine dans ses rapports avec le péché et la grâce, un livre qui concilie facile- ment des idées anthropologiques à moitié fatalistes avec des vues presque ouvertement panthéistes sur la nature de la divi- nité ! Selon Vatke , Dieu n'est pas une personnalité en de- hors de toutes les autres personnalités; il n'arrive à son déve- loppement que dans l'humanité; il est l'unité organique de toutes les personnalités finies. La liberté telle que notre au- teur la définit n'implique pas sérieusement la possibilité d'une activité différente de celle pour laquelle l'agent se décide. Le mal n'est qu'un « moment » nécessaire dans le développement du bien. La grâce divine et la volonté humaine sont deux modes d'action qui se distinguent verbalement l'un de l'autre, mais procèdent d'un même sujet : savoir de Dieu et de l'homme considérés comme identiques. Ces idées rapprochent Vatke beaucoup de la gauche hégélienne dans laquelle on l'a même