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EN ALLEMAGNK. 123 phie hégélienne, pour sauver l'orthodoxie de Hegel, son maî- tre, pour protéger la mémoire du plus illustre poète de la nation allemande contre des accusations mesquines. Mais partout, nous regrettons d'être forcé de le dire, il s'est plus ou moins trompé lui-môme. En mêlant les abstractions de la philosophie hégélienne aux questions de la dogmatique chrétienne, et en s'aidant des formules de la logique absolue pour arriver à un résultat favorable au théisme, il n'a fait que mêler des éléments tout à fait hétérogènes et incapables de constituer un tout organique. En soutenant que Goethe et Hegel n'ont fait que prêcher l'Évangile chacun à sa manière, il n'a réussi qu'à faire preuve de piété filiale envers son maître en philosophie, et d'un vif sentiment pour les beautés d'une poésie riche non seulement d'émotions, mais encore d'idées. Par suite même de la nature des choses, il a prouvé partout bien moins l'excellence de sa cause que celle de son cœur. En opposition directe et contradictoire avec les tendances dont nous venons de parler, se trouve celle de la GAUCHE HÉ- GÉLIENNE représentée avec éclat à l'université de Berlin par Michelet. Ce qui caractérise essentiellement la gauche, ce ne sont ni les allures ultra-libérales, ni les tendances saint-simo- niennes, ni les doctrines socialistes, ni l'enthousiasme char- nel de quelques-uns des défenseurs les plus extravagants de cette tendance ; c'est uniquement sa doctrine franchement panthéiste. Il convient de regarder comme partisans de cette fraction de l'école spéculative tous ceux qui, adversaires explicites ou non du christianisme, n'hésitent pas à proclamer hautement sur la base des principes hégéliens ce que la droite repousse avec toute l'énergie de la conviction religieuse; savoir, l'absurdité du théisme et la seule réalisation de la personnalité absolue dans l'humanité et dans l'univers. Faire