page suivante »
D0 BCGEY. 341
lilulion du paganisme ; il autorise le duel judiciaire, ce mode
cruelet absurde importé dans l'empirepardes peuples sauvages;
il permet d'acheter l'impunité du crime à prix d'argent; il favo-
rise la spoliation des Juifs, voués à la haine et à l'oppression
par le fanatisme (l);et s'il renferme des dispositions plus sages,
il les doit aux lois romaines qu'il venait modifier, sinon abolir.
Ce code, comme violant les maximes de l'Evangile, fut révo-
qué par Louis-le-Débonnaire, sur les représentations d'Ago-
bard, archevêque de Lyon.
Sous le régime militaire et absolu des rois bourguignons,
la loi était brève et rigoureuse, la forme judiciaire simple et
expéditive. La justice était administrée non plus par des tri-
bunaux avec premier et second degrés de juridiction, mais par
les principaux officiers du prince, par ses compagnons de
guerre, dans les cantons qui leur étaient dévolus. Ilsen étaient
les seigneurs, investis de tous les pouvoirs du prince, capi-
taines, administrateurs et juges, recevant en émoluments des
terres, dont la possession était spécialement affectée à ces
hauts emplois. C'est là l'origine du régime féodal et du titre
de comte.
Nous esquisserons succinctement les débats des princes
bourguignons entre eux, leurs crimes et leurs guerres avec
les princes francs. Le Bugey est peu intéressé à ces événe-
ments dont il ne fut pas le théâtre, mais quelques-uns de ces
faits historiques expliquent comment il passa sous l'autorité
des Francs.
Suivant les mauvaises institutions de cette époque, Gonde-
baud partagea avec ses frères les provinces du royaume de
Bourgogne. Ce prince ambitieux et cruel en devint bientôt
( i ) Il permet à tout homme libre de prendre, pour ses besoins, du bois
dans les forêts d'autrui. C'est, sans doute, l'origine des droits d'usage dont
jouissaient, avant la Révolution, presque toutes les communes du Bugey.