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EXCURSION DANS LE MIDI. 45
0 gentille ame ! étant tant estimée,
Qui te pourra louer qu'en se taisant ?
Car la parole est toujours réprimée
Quand le sujet surmonte le disant.
Ces vers ne valent pas ceux de Pétrarque, mais aussi Ã
chacun son métier. Le roi de France remplit fort noble-
ment le sien en faisant compter mille écus d'or aux Reli-
gieux qui desservaient l'église des Cordeliers pour qu'ils éle-
vassent, au lieu d'une simple pierre, un beau monument à la
mémoire de Laure.
Les Religieux prirent les écus d'or, mais le monument reste
encore à faire.
Une chétive colonne en pierre jetée parmi les ruines de la
vieille église des Cordeliers et protégée seulement par la fai-
ble lige d'un cyprès, voilà quel est le monument funéraire
élevé à Laure. L'étranger, à Avignon, passerait devant celle
pierre comme devant une tombe vulgaire sans l'inscription
suivante gravée sur une plaque de marbre :
QTO CLARIVS NOTESCAT LOCVS,
TAM INDIGENIS QVAM PEREGRINIS,
TBI REQVIESCIT
LAYRA ILLA PETRARCAE AMOR,
HVNC CIPPVM POSVIT
CAROLVS KELSALL ANGLICVS,
PER AVENIONEM ITER FACIENS,
ANNO SAL. MDCCCXXHI.
NIL AMPLIVS ADDERE OPTIMI MONENT
NOTA HAEC REGII POETAE CARMINA.
Comme les touristes ne sont pas tous obligés de savoir
le latin, voire même le latin des inscriptions et des épitaphes,
voici la traduction des lignes qui précèdent :
Pour que les indigènes et les voyageurs
Connaissent clairement le lieu
Ou repose
Laure, amour de Pétrarque,