page suivante »
DU MORCELLEMENT. 33
raie ; choses difficiles mais non impossibles à concilier.
Les Conseils s'accordent encore à considérer les cantons
comme la base la plus convenable pour la formation des bri-
gades. L'Etat et les communes contribueraient également aux
dépenses de celte nouvelle institution et se partageraient, en
déduction de ces dépenses, le produit des amendes.
La difficulté est donc de réorganiser les gardes sans les
soustraire à l'autorité municipale, selon les vœux des Conseils ;
puis, un autre inconvénient de cette réorganisation est de gré-
ver le budget d'à peu près 50 millions, en déduction desquels
il faut imputer le chiffre incertain de la moitié des amendes.
L'extrême division foncière impose cependant une mesure,
car, en fait, la police rurale n'existe pas. Si elle n'était une
nécessité de notre ordre social, l'Etat devrait encore l'insti-
tuer à ses frais, puisqu'il tire de la propriété foncière ses prin-
cipales et plus sûres ressources.
L'objection habituelle touchant le budget est présente à no-
tre esprit, mais elle paraît sans valeur à ceux qui ont étudié
l'économie des receltes el des dépenses, économie qui, mieux
entendue, produirait des ressources suffisantes aux besoins
des services publics.
Soustraire en grande partie les gardes à l'autorité munici-
pale paraît une question plus sérieuse. Il semble impossible
de constituer une répression des délits ruraux qui soit égale et
sévère, si les gardes restent sous la dépendance absolue des
autorités locales, surtout, si ces autorités ont la disposition de
leurs choix. Il faut donc prendre un terme moyen d'attribu-
tion, et une décision prochaine, remettant à l'expérience, s'il y
a lieu, de corriger les inconvénients d'une loi imparfaite,
mais nécessaire. Telles sont les deux réformes indispensa-
bles.
Parmi les améliorations agricoles les plus importantes qui,
par l'effet du morcellement, exigent des dispositions législali-
3