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 566                  LA R E V U E ' LYONNAISE
 faisaient l'instruction, n'ont pu trouver grâce devant les exécuteurs
 des lois existantes et leur maison a été brutalement envahie et
 fermée.
    Lorsque Meï fut devenu riche, nous apprend Pernetti (t. II,
 p. 125), « il se forma un cabinet très curieux de médailles et d'an-
 tiquités. On y voyait, entre autres raretés, ce fameux bouclier sur
 lequel est si bien rendue la continence de Scipion. Il avait été trouvé
 dans les sables du Rhône près le Pont-Saint-Esprit,par des pêcheurs.
 Ils en rompirent un morceau et le portèrent à un orfèvre de Lyon.
 L'orfèvre les engagea à lui apporter le tout et il replaça si adroite-
 ment le morceau rompu qu'on ne pouvait se douter de sa soudure. »
    Dans ses Recherches curieuses d'antiquités, p. 2, Spon dit que
 « ce fut en l'an 1656 que ce bouclier fut trouvé, proche Avignon,
 par des pêcheurs », et M. Léon Rénier le pense aussi. Spon a cru
 également voir sur ce bouclier une représentation de la continence
 de Scipion, et ajoute : « Gomme le chemin de Scipion, en s'en
 retournant d'Espagne en Italie par terre, était de traverser le
 Rhône près d'Arles, il y a bien de l'apparence que cette pièce fut
 alors égarée par là auprès où elle demeura enterrée jusqu'à notre
 siècle. »
    Mais est-ce bien la continence de Scipion que représente ce bou -
 clier ? M. Monfalcon,dans ses Notes sur Spon, dit d'après M.Rénier:
 « Ons'accorde aujourd'hui ày reconnaître la réconciliation d'Achille
 avec Agamemnon ou la restitution de Briséis. » (V. aussi M. Cha-
bouillet, Catalogue général et raisonné des camées de la Biblio -
thèque imp., p. 459.)
    Ottavio Meï acheta ce bel objet d'art et le conserva jusqu'à sa
mort arrivée en 1690. Guillaume Pilata ou Piluata, son héritier,
le présenta à Louis XIV qui l'accepta et le fit placer dans le cabinet
des médailles dont il fut l'un des principaux ornements. Pour récom-
penser Guillaume Pilata, le roi donna à Jean-François Pilata son
fils, une place dans la maison de Madame la Dauphine. Mais M. Léon
Rénier fait une autre version et dit : « A la mort de M. Meï, son
gendre envoya le disque au P. La Chaize qui le fit acheter pour le
cabinet du Roi en 1697. » Il'est encore aujourd'hui au cabinet des
antiques de la Bibliothèque nationale.
    Ce bouclier et d'autres que l'on conservait à la Bibliothèque natio-