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                                      DE LA


RESPONSABILITÉ LITTÉRAIRE
                                    — SUITE 1   —




                                         III
   On serait heureux de pouvoir proclamer sans appréhender de
contradiction que tout est pour le mieux en France dans le meil-
leur état social possible ; mais, en observant autour de soi avec
attention, on peut, sans exagérer, affirmer que notre littérature,
nos livres, nos journaux ont une grande influence sur les mœurs
publiques, sur les idées surtout depuis quelques années, et que
ces propagateurs du bien et du mal ont puissamment aidé à pro-
duire un affaiblissement intellectuel et moral qui a été signalé, en
pleine Académie française par des savants plus autorisés que
moi 2.
   Dans une grande ville, en effet, en voyant l'accumulation, aux
étalages de librairie, de tous ces écrits à titres excentriques,
ornés souvent d'images plus licencieuses et même plus obscènes que
légères en forme d'illustration, l'observateur se demandera quelle
cause fait multiplier ces productions. Est-ce le besoin d'instruc-
tion, dont la satisfaction est poursuivie avec plus d'ardeur que de
discernement ? Est-ce le goût des ouvrages d'esprit qui attirent
tant de lecteurs d'œuvres les-moins littéraires ? Il y a certaine-
 1
     V. la Revue Lyonnaise, t. V, p. 458.
 J
     Discours de M. Renan (réception de M. Gherbuliez).