Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                                BIBLIOGRAPHIE                                      595
ment laïque, gratuit et obligatoire est discutée à fond, étudiée dans ses anté-
cédents, examinée dans ses conséquences. D'autres problèmes analogues sont
posés par l'habile écrivain : ce sont ceux du serment judiciaire et des emblèmes
religieux, des exemptions du service militaire, de l'observation plus ou moins
rigoureuse du Concordat, de la réduction ou de la suppression du budget des
cultes, des programmes d'études, de l'instruction des femmes : autant de
points délicats sur lesquels M. Jules Simon dit son avis en toute sincérité.
   Pour être fort rapprochée de nous, l'histoire du dix-huitième siècle n'en est
pas beaucoup plus connue, et, tous les jours, de consciencieux chercheurs y
font de curieuses découvertes. L'auteur du Secret du Roi, M. le duc de Broglie,
qui, en fait de diplomatie et de politique, unit la pratique à la théorie, a, d'après
des documents nouveaux, entrepris de nous entretenir de la lutte du roi de
Prusse Frédéric II contre l'impératrice d'Autriche Marie-Thérèse, lutte à
laquelle la France a été mêlée par une alternative de succès assez médiocres et
d'échecs trop fréquents. Les intrigues et les victoires du monarque prussien,
les efforts héroïques de sa rivale, les menées de l'Angleterre, la conduite incer-
taine du cardinal de Fleury, les campagnes des maréchaux de Saxe, de Belle-
Isleet de Broglie sont exposés avec une netteté parfaite. Même aune époque où
la monarchie penchait vers son déclin, où le souverain languissait en égoïste dans
la mollesse et les plaisirs, il est consolant de penser que la France, à travers
bien des déceptions, conservait, soit par les négociations, soit par les armes, une
partie de son ancien prestige.
   La Correspondance de George Sand compte déjà quatre volumes, dont trois
ont paru, l'année dernière, et le quatrième, cette année. Elle commence en 1823,
quand Aurore Dupin, âgée de dix-neuf ans seulement, venait de se marier au
baron Dudevant, et elle s'arrête jusqu'ici à la fin de l'année 1864. Chose éton-
nante et rare ! L'auteur de tant d'ouvrages romanesques et dramatiques n'a
rien à perdre à la divulgation de ces confidences (choisies et triées, il est vrai),
qui parviennent au public sans lui avoir été destinées. Si les tribulations et les
légèretés de l'épouse s'y laissent à peine entrevoir, les modestes soucis de la
bonne ménagère, la tendresse inépuisable de la mère de famille,, les sympathies
toujours éveillées de l'amie bienveillante et fidèle s'y révèlent à chaque instant.
Les opinions mobiles et les illusions éphémères du grand écrivain, tour à tour
épris de mysticisme, de radicalisme, de socialisme, y tiennent bien leur place ;
 mais, à mesure que l'âge vient, et avec lui l'expérience, à mesure qu'on approche
 du terme de cette longue et éclatante carrière, l'esprit apparaît plus puissant,
le cœur plus doucement ému.                           A. P H I L I B E R T - S O U P E .



      LA CARMÉLITE) par EKNEST 1)AUDET ; un volume in-18. Librairie Mon. —
       LYON SOUS LA RÉVOLUTION, par le baron RAVERAT; un volume in-8.
       Lyon, librairie Méton.

  M. Ernest Daudet, sans avoir atteint la brillante réputation de son frère
Alphonse, a beaucoup écrit et réussi souvent. Il a fait plusieurs livres qui
touchent à l'histoire ou à la politique et un très grand nombre de romans : le
plus nouveau, la Carmélite, est peut-être un des plus intéressants. Ce n'était
pas une tâche aisée, par le temps qui court, de prendre un couvent pour théâtre