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     RÉUNION DE LA FRANCHE-COMTÉ A LA FRANCE                     513
Philippe le Long ; il le fut après, par Marie, sœur de Charles-
Quint, veuve de Louis II, roi ,de Hongrie, puis par l'infante
Isabelle, fille de Philippe II et veuve de l'archiduc Albert.
Le seizième siècle est pour la Franche-Comté l'époque la plus
brillante. Ce pays, d'une etenduesi restreinte lorsqu'on le compare
à l'ensemble des possessions de Charles-Quint, fournit alors à
l'Empire des généraux et des diplomates. Philibert de Châlon,
vice-roi de Naples, était le dernier rejeton de l'ancienne famille
comtoise de Châlon. Gattinara, grand chancelier de Charles-
Quint et cardinal, était originaire d'Arbois. Nicolas Perrenot,
chancelier du même empereur, était né à Ornans, au centre de )a
Comté; son fils, Granvelle, qui, non seulement lui succéda dans la
charge de chancelier, mais devint cardinal et archevêque de
Besançon, naquit à Besançon 4.
   Cette ère de prospérité ne dura pas longtemps. Henri IV, en
lutte avec l'Espagne, recommença la guerre. Le roi prétendait que
son autorité devait s'étendre sur tous les pays parlant français.
« Je veux bien, disait-il, que la langue espagnole demeure à
l'Espagne, l'allemande à l'Allemagne ; mais la française doit être
à moi2 ». Quelques années plus tard, Louis XIII prétendait réduire
sous son obéissance tout ce qui parlait français 3. Ce principe qui
tend à faire de la langue la seule base delà nationalité, et d'après
lequel tous les hommes ayant le même langage doivent dépendre
d'un seul et même gouvernement, peut conduire loin. Louis XI
avait, lui aussi, invoqué un principe; à la mort de Charles le
Téméraire, il avait réclamé le duché de Bourgogne « au nom du
droit public européen4 », mot vague, mais appelé à faire fortune.
   Après le combat de Fontaine-Française, Henri IV vint jusqu'à
Besançon. La ville refusa de lui ouvrir ses portes. Le 2 juillet
1595, il faisait une reconnaissance. Monté sur un tas de pierres,
au milieu des vignes, il se tenait à découvert et à bonne portée,
pour mieux voir par-dessus l'enceinte. Un soldat du fort Griffon,
embusqué derrière un parapet, le reconnut et le mit en joue ;

 * Les rois d'Espagne avaient, à Madrid, une garde comtoise.
 2 De Piépape, I, 320.
 s I, 355.
 * I, 177.