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5lâ                        LA REVUE LYONNAISE
 cevaient un morceau de pain et un verre de vin, puis allaient
 prendre place aux tables dressées en plein air en leur honneur. Ils
 étaient d'accord avec les assiégeants; dès qu'ils furent tous entrés,
ils leur ouvrirent les portes; la ville fat pillée, incendiée, et les
 habitants passés au fil de l'épée (25 mai 1479). La prise de Dôle
 fut suivie de l'occupation de la Franche-Comté l.
    Trois ans après, Louis XI vint dans le pays, pour faire un pèle-
 rinage à Saint-Claude. Il passa quatre jours près des reliques
 vénérées, et leur fit faire une châsse magnifique. Le parjure de
 Dôle était, dit-on, au nombre des souvenirs qui le remplissaient
 de remords. Louis XI ne survécut pas longtemps à ce pèleri-
 nage; et, à son lit de mort, son médecin, Jacques Coytier,
 semble avoir vengé le peuple comtois. Il le tortura, en effet, jus-
 qu'au bout (30 août 1483) par la terreur qu'il lui inspirait. « Je
 sais bien, lui disait-il, que vous m'enverrez où vous en avez
 envoyé tant d'autres; mais par la mort-Dieu, vous ne vivrez pas
 huit jours après. » Plein d'effroi à la pensée d'une fin prochaine,
le moribond suppliait son bourreau de ne pas l'abandonner. Le mé-
 decin Jacques Coytier, ou Cotier, était un franc-comtois, un petit
 bourgeois de Poligny, et l'on montre encore dans cette ville sa
 maison avec cette inscription bizarre, qui perpétue un jeu de mots
 du temps : A l'abri Cotier.
    Marie de Bourgogne était morte à l'âge de vingt-cinq ans d'une
chute de cheval, peu de temps avant le roi (27 mars 1482). Elle lais-
sait à Maximilien deux enfants : Philippe le Beau et Marguerite. Le
nouveau roi de France, Charles VIII, laissa encore échapper l'occa-
sion^ d'acquérir la Franche-Comté par un mariage. Marguerite
de Bourgogne épousa le duc de Savoie, Philibert le Beau, et le
pays resta à la maison d'Autriche. Elle n'avait que dix-huit
ans lorsqu'elle devint veuve (1504). Un an après, son père
Maximilien lui remit le gouvernement de la Comté. Jamais ce
pays ne fut plus heureux que sous son règne. Il sembla d'ail-
leurs que ce fief féminin fût destiné à être gouverné par des
femmes, par des veuves. Il l'avait été avant Marguerite, par
Jeanne Ir% fille de la comtesse Mahaut et veuve du roi de France,

 1
     De Piépape, I, 151.