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510                       LA R E V U E LYONNAISE
contradictoires : l'ardeur et la ténacité. Un gentilhomme lorrain,
Beauveau de Tremblecourt, qui leur ût la guerre, disait, en par-
lant des Comtois : « Il n'y à rien à tenter avec ces gens-là, ils sont
de la nature de leur vin qui frappe à la tête 4. »
     La Franche-Comté avait, pour la garde de son territoire, une
armée, ou plutôt une milice de 12.000 hommes2. Au commence-
 ment du dix-septième siècle, cette milice ne comprenait plus que
 5.750 hommes 3. Les fantassins formaient trois régiments, corres-
 pondant aux trois baillages d'Amont, de Dôle, et d'Aval. Les
 simples soldats étaient choisis et équipés par les communautés; de
 là le nom à'élus qui les dè.-igna quelquefois. En cas d'imminent
 péril, les habitants des villages devaient se retirer dans les châ-
 teaux voisins; de là le nom de retrahants. Les officiers apparte-
 naient, soit à la noblesse, soit au tiers-état; ils.étaient nommés par
 les colonels, et ceux-ci, sans doute, par le gouverneur.
     L'arrière-ban, ou plutôt ce que l'on appelait par abréviation le
  rière-ban comprenait 400 cavaliers fournis parla noblesse; on ne
  les convoquait que dans le cas d'imminent péril.
      Par suite des imperfections de l'administration, et surtout du
  manque d'argent, les troupes se trouvaient souvent dépourvues
  de vivres. Elles n'avaient alors d'autre ressource, suivant l'ex-
  pression du temps, que de « picorer sur le bonhomme ».
      Les milices n'ont jamais valu les troupes régulières. Elles
   servent trop peu de temps et avec trop peu dégoût, pour s'habituer
  à la discipline. Les milices comtoises ne servaient généralement que
   six semaines. Aussi, lorsque la guerre devait être longue et sé-
   rieuse, enrôlait-on des volontaires, qui servaient plus longtemps
   et faisaient des armes leur unique métier. Mais il fallait les sépa-
   rer avec soin des milices, car celles-ci ne leur donnaient que de
   mauvais exemples.

    i I, 258.
      2
      Dont 10.500 fantassins, recrutés parmi lesbourgeois et les paysans, et 1.500 cava-
 liers fournis par la noblese.
    3
      Dont 5.500 fantassins, et 250 cavaliers.