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160 LA R E V U E LYONNAISE JANIN ( J O S E P H - A L D E B E U F ) C'est une page bien douloureuse que j'ai à écrire maintenant et bien honteuse pour la Révolution, car j'ai à parler d'un savant éminent qui a consacré sa longue existence aux sciences et aux arts, du plus doux et du meilleur des hommes, et dont ni le mérite, les services et le grand âge n'ont pu trouver grâce devant les juges sanguinaires qui ont fait rouler sa tête sur l'échafaud de la Révo- lution. Ces êtres immondes avaient les noms de Parcin, Corchand, Lafaye aîné, Ferneœ et Brunière. On sait peu de détails sur les premières années du malheureux P, Janin, Joseph. Il naquit vers 1716 et entra dans For.dre des Augustins dont le grand monastère est occupé aujourd'hui par l'École de la Martinière. Les Augustins, on le sait, ont accueilli Guillaume-Régis (Le Roy), élève d'Ulric Gering.et de Martin Krantz, lorsqu'il importa l'imprimerie à Lyon, en 1473, et c'est de ses presses, patronnées par les Augustins, que sortirent les premières éditions lyonnaises, entre autres le Reverendissimum Lotharii compendium, ce rava avis, dont il ne reste que si peu d'exemplaires. La bibliothèque formée, siècle par siècle, par les Augustins éta- blis à Lyon depuis l'année 1308, était des plus considérables et riche surtout en manuscrits. Pierre Gacon, entre autres, frère du poète de ce nom, négociant célèbre, voyageur intrépide et membre de l'Académie, en 1738, mort en 1748, lui avait légué de nom- breux ouvrages. Lorsque dans le siècle dernier, les Augustins reconstruisirent leur antique monastère, ils affectèrent aussi un local spécial à leur bibliothèque qui est ainsi décrite dans l'Aima- nach de Lyon de 1749. « La principale entrée de cette bibliothèque, est-il dit, est par un vestibule qui forme une belle salle d'étude garnie de globes, de sphères et de divers instruments d'astronomie et de géométrie, à l'extrémité de laquelle on aperçoit la biblio- thèque qui forme un fort joli point de vue. »