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42                        LA REVUE LYONNAISE

de Richelieu, mort en 1641. Ces deux membres d'une branche
cadette de la famille royale étaient frères d'Eugène-Marie,
mort en 1673, qui eut d'Olympe Mancini (nièce du cardinal Ma-
zarin), le célèbre prince Eugène, dont les talents militaires et les
intrigues diplomatiques furent si funestes aux destinées de la
France.
   Des quatre gentilshommes compromis avec les princes, Jacques
Grolier, lyonnais, avait été acquitté ; le comte allemand n'était
sans doute pas rentré avec ses compagnons et se trouvait hors
d'atteinte ; Michel Dufour avait reçu le pardon royal ; il ne restait
en cause que Jean-François d'Assier de La Chassaigne, lyonnais
comme Grolier, fort exposé à payer pour les autres. Heureuse-
ment pour lui, les Messieurs de Soissons ne l'abandonnèrent
point, et son père exerçait à la grande chancellerie son office de
secrétaire du roi qui le mettait en rapports avec les personnages
les plus puissants.
   Ayant demandé les effets de la clémence royale, il obtint, comme
Dufour, des lettres de pardon dont le texte suit, à la condition de
payer 10 livres d'aumône, 1.200 livres de réparation civile et les
dépens.
   Ce document donne, d'après la supplique des d'Assier, une
narration presque conforme à celle de Dufour et précise plus
clairement la part prise par les deux princes, les véritables cou-
pables dans la sanglante querelle dont ils ne furent pas punis.



                  LETTRES DE PARDON ET DE RÉMISSION

   Louis par la grâce de Dieu roy de France et de Navarre a tous ceux que ces
présentes lettres verront salut nous avons receu l'humble supplication de Jean-
François d'Assier de La Ghassaigne escuyer contenant que faisant ses exercices
en notre Académie tenue à Paris par le sieur de Longpré, il auroit été honnoré
de la bienveillance de sieurs Princes de Soissons, et son temps étant flny le
sieur d'Assier son père l'un de nos conseillers secrétaires ayant souhetté qu'il fît
un voyage en Italie il se seroit suivant ses ordres rendu en notre ville de Lyon
demeure ordinaire de son père et comme quelque temps après lesd. Princes des
Soissons arrivèrent aussy en lad. ville pour aller pareillement en Italie et qu'ils
y firent quelque séjour le suppliant leur rendit ses respects durant ce temps là.