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36 LA REVUE LYONNAISE s'écarte pas de la justice. C'est ainsi que, aux yeux du lecteur, Massimo d'Azeglio, inférieur à son rival pour la largeur des prévisions politiques, l'écrase par la noblesse de son caractère. Cavour aimait le pouvoir autant que sa patrie; d'Azeglio n'aimait le pouvoir que pour sa patrie. C'était pour lui un sacrifice que de gouverner. Pour Cavour, c'était un bonheur. Faiblesse,soit, mais faiblesse glorieuse, faiblesse utile à l'Italie, faiblesse commune à tous les hommes d'Etat, qui ont le sentiment de leur propre valeur. Je repète que je n'ai pas eu l'intention ni la possibilité d'être complet en analysant un livre aussi rempli de faits et de justifica- tions. Il m'a paru intéressant de montrer brièvement quels liens rattachaient Cavour à la France, et quelles circonstances favorables, l'ont amené à exercer cette sorte de dictature parlementaire, au bout de laquelle il proclama qu'il avait bien mérité de son pays. Quand les autres volumes, annoncés par M. Chiala, paraîtront, mes lecteurs me permettront de les feuilleter avec eux et de suivre, dans le développement de ses conceptions, la marche triomphale du Vrai fondateur de l'unité italienne. , A. PALMARINI.