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12 LA REVUE LYONNAISE — Vès, ié dise, Bassaquin vau pas mai que Bassacan. Se voû- tas pèr Bassaquin, aquèst estiéu aurés de niero ; e se voûtas pèr Bassacan, aurès de niero aquest estiéu. Pèr Gigougnan, vesès, vau mai uno bono plueio que tôuti li proumesso que vous fan Ii can - didat. Ah ! sarié différent, se noumavias de païsan : tant que pèr députa noumarès pas de païsan, coume se fai dinsla Suëdo e cou- me fan en Danemarc, noun sarés pas représenta. Lis avoucat, li médecin, li journalisto, li bourgesot de touto merço que mandas eilamoundaut, demandon qu'uno causo : resta à Paris tant que poussible, pèr tira au rastelie epèr môuso la vaco.... Se fltronbèn de Gigougnan! Mai se, coume vous dise, mandavias de païsan, pensarien à l'espargne, demenirien li grossi plaço, farien jamai la guerro, cavarien de canau, aboulirien li Dre-Reùni, e se despa - charien de faire lis afairepèr s'enveni avans meissoun... E dire quei'a. en Franco, mai de vint milioun de pècl-terrons, e que n'an pas lou gà ubi de manda très cent d'entre éli pèr représenta la terro ! Dequé riscarien de prouva ? Sarié bèn tal asard se fasien plus mau que lis autre ! — Ah ! d'aquéu Moussu Lassagno ! tout aco me respond, en bon- founant a belèu resoun. — Revenen, ié diguère. Mai tu persounalamen, tu Lassagno, coume as fa pèr counserva dins Gigougnan ta poupularita e toun autourita pendent cinquanto an de têms ? Voyez, leur dis-je, Bassaquin ne vaut pas mieux que Bassacan, si vous volez pour Bassacan pendant cet été vous aurez des puces ; et si vous votez pour Bassaquin vous aurez des puces pendant cet été.Pour Gigognan, tenez,il vaut mieux une bonnepluie que toutes les promesses que vous l'ont les candidats. Ah ! ce serait différent si vous nommiez des paysans : tant que vous ne nommerez pas des paysans comme on fait en Suède et comme on fait en Danemark vous ne serez pas représentés. Les avocats, les médecins, les journalistes, les petits bourgeois de toute sorte que vous envoyez là -haut à Paris ne demandent qu'une seule chose, c'est d'y rester le plus possible, pour manger au râtelier et traire la vache... Ils se fichent bien.de Gigognan! Mais si, comme je vous dis, vous envoyiez des paysans, ils penseraient à l'économie, ils diminueraient les grosses places, ils ne feraient jamais la guerre, ils creuseraient des canaux, ils aboliraient les Droits-Réunis et ils se dépêcheraient de finir les affaires pour être de retour ici ayant la moisson. Et dire qu'il y a en France plus de vingt millions de pieds-poudreux et qu'ils n'ont pas l'e bon sens d'envoyer trois cents d'entre eux pour représenter la terre. Qu'est-ce qu'on risquerait d'essayer ? Ce serait bien un hasard s'ils faisaient plus mal que les autres. Ah! de ce M. Lassagne, tout le monde me répond, en badinant: il a peut-être raison. — Revenons, lui dis-je. Mais toi personnellement, toi, Lassagne, comment as-tu fait